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De quelques futilités

Haïti nous fait oublier les futilités du Monde. La Terre a simplement secoué son échine et des milliers d’humains sont morts. Nous sommes les passagers d’un étrange vaisseau qui a eu un début et qui aura une fin. Des civilisations ont été emportées, d’autres le seront encore. L’explosion d’un seul volcan, comme celui de Sainte-Hélène produit plus d’énergie que nos très atomiques bombes et nous sommes à la merci de la première météorite venue, comme n’importe quel diplodocus. Cette extrême fragilité devrait relativiser nos querelles de tribus humaines se chamaillant sans merci pour un improbable présent, un improbable pouvoir, une mise en scène de son image dans le grand miroir du temps.
A cette aune là, les élections régionales qui se préparent fébrilement, prêtent simplement à sourire. Par qui donc sera gouverné le Poitou-Charentes ? ou la Bretagne ou l’Aquitaine ? Cette question fondamentale qui se télescope avec la discussion parlementaire sur la nouvelle organisation territoriale française, va nous occuper quelques semaines. En effet, 134 sénateurs sont présidents de Communauté de communes ou d’agglomération, de Conseil général ou régional. Ils n’ont guère envie de perdre leurs attributions, c’est-à-dire leur pouvoir, et l’idée loufoque consistant à conserver les Régions et les Départements, tout en les faisant diriger par les mêmes élus, conduit à diviser par deux le nombre des élus sans pour autant simplifier la carte administrative.
Il s’agit pourtant d’une chose simple. La carte administrative française est née de la révolution et de l’Empire. On y comptait des départements, des cantons et des communes, puis on y a ajouté des régions, le département semblant trop petit, puis des communautés de communes, d’agglomération, la commune semblant trop petite, tout en conservant le canton qui est la circonscription de l’élu départemental.
Première question aujourd’hui, quelle est la taille pertinente de l’échelon administratif décentralisé ? Est-ce le Département ? La Région ou un nouveau découpage tenant compte des évolutions démographiques et économiques ? Quelle est la taille pertinente de l’administration de proximité ? Si les Communes sont trop petites, pourquoi ne fait-on pas une autre carte communale, plutôt que ces nouvelles “Communautés” qui absorbent en fait les compétences communales ?
La démocratie de proximité implique-t-elle des élus disponibles et dévoués, où la gestion locale est-elle devenue si compliquée qu’il faut la confier à des fonctionnaires ? Et si c’est le cas pourquoi décentraliser ?
Il serait bon que le débat aux élections régionales se saisisse et réponde à ces questions simples, mais singulièrement coûteuses pour le citoyen.
A voir la tournure que la discussion des textes prend au Parlement, on se demande si l’on n’est pas davantage dans la défense des privilèges d’une nouvelle féodalité, que dans l’organisation du bien public. Certes la politique est un métier mais elle ne crée pas de droits acquis. Simplifier l’organisation du territoire doit rendre la démocratie locale plus transparente et moins nécessaires les effets d’images, ce vedettariat, que l’on voit tellement culminer en Poitou-Charentes, depuis que Madame Royal, comme son nom l’indique, est aux commandes.

Xavier de Roux

Paru dans L’Echo des Arènes n°148 – Février 2010


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Catégories :L'Echo des Arènes
  1. François
    dimanche, janvier 31, 2010 à 8 h 38 min

    Franchement, Royal ou pas Royal, quelle différence puisqu’il ne s’agit pour elle que d’un tremplin personnel, le seul qu’il lui reste, et non d’une fonction assumée.
    La dernière raffarinade n’est pas des plus glorieuses pour autant. Mais on peut comprendre son amertume, quand l’éviction a tout d’un canular.
    Une chose est sûre, Royal ou Raffarin, ce n’est pas Rolls et Royce, mais un bon gros diesel de PSA, si adulé des français.
    Va va voum, certes, mais pas en quatrième vitesse. C’est d’ailleurs là le seul souci des saintais ces temps-ci, leur chère bagnole adorée, celle pour laquelle ils sont prêts à tuer et dans laquelle ils deviennent un autre, généralement peu reluisant, contrairement à la carosserie polishée de Titine.
    Entre l’autocrate de la rotonde qui se fantasme Delanoë, les commerçants qui pensent et agissent comme en 1985, s’étonnent de ne pas faire le même chiffre qu’à l’époque et masquent leur problème d’amabilité derrière un faux problème d’accessibilité, et des habitants incapables de mettre un pied devant l’autre plus d’une poignée de mètres, comment penser Poitou Charentes quand l’univers se résume à Bassompierre ?
    Jusqu’à l’Echo des Arènes, qui va jusqu’à se ridiculiser deux fois ce mois-ci sur ce thème. D’abord par un article qui se voudrait drôle et subtil mais n’est que bête et ringard sur Saintes en 2012, très mal écrit qui plus est, et une photo d’un élu pleurant devant son PV, pour tenter de faire oublier un article de Sud Ouest prouvant que les gens de la Mairie bravent impunément les lois qu’ils prétendent faire respecter.
    Et pour en revenir à l’administration, si elle était vraiment de proximité, ce ne serait plus l’administration.

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