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Une élection, pour quoi faire ?

mardi, février 23, 2010 Laisser un commentaire Go to comments

Le 21 mars prochain, les Assemblées régionales auront été renouvelées, dans une certaine indifférence. Peu de Français connaissent le nom de leur conseiller régional élu sur une liste longue comme un jour sans pain. Seuls, les chefs de Région ont une certaine notoriété. Il en est même que l’on connaît nationalement. Frêche, parce qu’il dit pesamment n’importe quoi pour faire un scandale à quatre sous qui crève pourtant les écrans ; Ségolène Royal parce qu’elle fut candidate à la Présidence de la République et qu’elle conserve pieusement ce statut, avec en plus un côté martyr. Mais lorsque l’on demande aux Français quelles sont les compétences exercées par les Régions, c’est la confusion la plus totale. Parmi la minorité qui suit un peu, on parle des transports, sans doute à cause des grèves en Ile de France, et de la formation. En réalité, les Régions, sauf dans les territoires qui étaient des provinces fortes, comme la Bretagne, l’Alsace ou la Corse, sont d’existence réelle. Elles ont été fabriquées à la française. On met quatre ou cinq départements ensemble et vogue la galère. Tant pis si les Saintongeais fréquentent plus Bordeaux que Poitiers et si l’on a mis la Vendée dans les Pays de La Loire. L’administration fait toujours simple. Ce fut d’ailleurs en son temps le cas pour les départements. Mais plus de deux siècles d’existence ont fini par leur donner une légitimité et puis c’est la porte à côté ! Certes, on a mis un bazar pas possible avec toutes les communautés de communes, d’agglomération et d’on ne sait quoi, qu’essaient de masquer ou de faire disparaître les communes, plutôt que de remodeler ces dernières, mais c’est ainsi. La décentralisation s’est faite n’importe comment, au gré des humeurs, sa réforme n’apparaît pas beaucoup plus clairement, mais en attendant on vote. Les sondages se succèdent. Ils montrent une majorité parlementaire qui n’a pas l’air très en forme. Nicolas Sarkozy connaît le désamour. C’est un buzz national comme on dit. On l’a adoré, mais maintenant on ne l’aime plus, parce que lorsque le matin, on se regarde dans la glace, on ne trouve pas la tête du Président. Le Président a cessé, dit-on, de ressembler aux Français. Martine Aubry leur ressemblerait beaucoup plus, même si pourtant, on n’a pas tellement envie de la voir dans la glace le matin ! Mais c’est ainsi, les femmes et les hommes politiques sont soumis au régime de la cocotte-minute ou du micro-onde. Ils doivent répondre immédiatement à toutes les idées qui traversent l’esprit de leurs concitoyens ; pas moyen de biaiser, de faire attendre, ou simplement de réfléchir, il faut répondre ! Depuis 1979 tous les prévisionnistes avaient calculé que, passé l’an 2000, le nombre de retraités serait en passe de dépasser le nombre d’actifs, et qu’il faudrait en conséquence modifier notre système de retraite. Mais chaque fois qu’un gouvernement essaye, il est sommé soit de renoncer, soit de trouver, sans délai, un système qui ne changerait rien ! Et tout est à l’avenant.
Nicolas Sarkozy a réagi pourtant avec efficacité et rapidement à la crise financière qui menaçait de faire sauter l’économie de la planète. Il a été salué partout, sauf en France, parce que sa première femme ne plaisait pas, parce qu’il avait passé sa première nuit de Président au Fouquet’s qui est un hôtel pour riches, parce qu’il a embarqué sur le bateau de son ami Bolloré, parce qu’il a été aux USA passer des vacances et serrer la louche à Bush, parce que l’on a l’impression qu’il n’aime pas Obama, qu’il reste cinq heures à Haïti, qu’il prend des ministres socialistes et d’autres que l’on trouve nuls, et qu’il fait tout, tout seul, parce que les nuls ne l’aident pas.
Le débat politique prend les traits de M. Hamon qui parle comme au XIXème siècle mais qui prêche le futur. Il est en train de battre tous les records de son ami Montebourg et pour couronner le tout, il a fait un froid calamiteux, juste au moment ou on lançait le débat sur le réchauffement climatique. Or, s’il fait froid en hiver et chaud en été et que le ciel ne risque pas de nous tomber sur la tête tous les matins, c’en est fait de nos écologistes qui risquent d’aller dire leur messe sur les glaciers reconstitués. Dans ces conditions comment et pour qui aller voter ? Le plus simple c’est évidemment de voter contre ou de ne pas voter du tout. Mais il y a sans doute mieux à faire, c’est de questionner chaque candidat sur ce qu’il souhaite que la Région fasse, quel service elle peut apporter au citoyen, le rôle de ce qui est collectif par rapport à ce qui est individuel, et puis surtout nous renseigner, nous dire combien ça coûte, plutôt que de chanter en chœur que l’Etat se désengage parce qu’enfin l’Etat c’est nous ! Et l’on touche là le vrai sujet, celui qui est au cœur de notre avenir : il y a plus de trente ans que nous vivons à crédit, que la solidarité nationale est payée à crédit, que les fonctionnaires de l’Etat sont payés à crédit, que les Départements, les Communes, les Régions vivent à crédit, que notre niveau de vie repose sur une masse d’emprunts et que nous sommes maintenant au pied du mur, que l’on soit de droite ou de gauche, et qu’il faut bien faire les comptes, même si ce n’est pas très drôle. Parce que nous sommes tous sûrs, au moins, d’une seule chose, c’est que ça ne peut plus continuer.

Xavier de Roux

Paru dans L’Echo des Arènes n°149 – Mars 2010

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Catégories :Elections, L'Echo des Arènes
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