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L’Europe et la Russie

L’armée russe défile d’un pas de fer, chamarrée, sur une Place Rouge rutilante, devant un Poutine impassible.

Il rêve à l’évidence de reconstruire l’Empire que la chute de l’Union soviétique a détruit. Il rêve, comme tous les grands dirigeants russes de Byzance, ce lointain empire d’Orient incarné par l’Eglise orthodoxe, ses popes et ses œuvres. Sébastopol, c’est le mauvais souvenir d’une guerre de Crimée perdue lorsque Istanbul devait redevenir Constantinople, après l’inéluctable chute des Ottomans et qu’Anglais et Français s’y opposèrent. Malgré le traité de Vienne, malgré l’Union sacrée contre Napoléon, la Russie c’était encore l’Orient et la frontière passait par cette Ukraine en partie dominée par l’Autriche. Et puis il y eut l’Entente cordiale avec la France et l’Angleterre que menaçaient les prétentions allemandes et qui conduisit à la Première guerre mondiale qui accoucha du bolchevisme. Au traité de Brest-Litovsk en 1917, l’Ukraine dans ses frontières actuelles devint indépendante mais quelques années plus tard, elle rejoignait l’Union Soviétique, c’est-à-dire finalement la Russie, avant de retrouver l’indépendance avec la fin de l’ère soviétique.

Poutine regarde défiler ses troupes magnifiques sur la Place Rouge, habits bleus des cavaliers, gants blancs des tambours et shakos de la garde. Ce sont les bruits de bottes d’une Russie victorieuse en 1945, d’une Russie héroïque qui veut retrouver son rang avec son passé. L’Ukraine ne sera pas sous la domination du Traité de l’Atlantique Nord. L’Ukraine sera sans doute cet Etat dont rêvaient les Habsbourg, ni Autrichien, ni Russe, ni Polonais, mais en équilibre, neutre entre l’Orient et l’Occident, sur cette ligne de Théodose qui n’est pas sortie des mémoires.

L’Europe ne peut pas s’éloigner de la Russie et encore moins affronter la Russie. La guerre idéologique est terminée, le bolchévisme est dans les annales de l’Histoire comme son pendant le fascisme. Il ne faut plus jamais qu’ils en ressortent. Il n’y a aucune raison de combattre la Russie qui a eu probablement raison de soutenir au Moyen Orient le dernier régime laïc face à un wahhabisme qui nous fascine dans ces printemps Arabes qui sont plutôt l’hiver.

L’Europe et la Russie ont un destin commun puisque c’est la part orientale de l’Europe, une part de cette chrétienté enfouie dans nos cultures, une part de l’éternelle Byzance enfouie dans nos mémoires.

L’Ukraine doit être un lieu de rencontre et non un lieu de conflit .

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Catégories :L'Echo des Arènes
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