La panne

 

François Hollande, de la promotion Voltaire de l’ÉNA, et ses copains du parti socialiste auront réussi un coup de maître. En 10 mois, ils ont mis la France en panne et, depuis, ils cherchent comment faire repartir le moteur. C’est plutôt coton ! François Hollande n’a jamais caché qu’on lui avait enseigné rue Saint-Guillaume que les crises économiques étaient cycliques, et qu’après le bas, on retrouvait le haut. Il suffisait d’attendre. Le bas du cycle ayant été atteint sous Sarkozy, six ou sept mois plus tard, le cycle tirerait vers le haut et l’économie sortirait de l’auberge ! François Hollande a fait plusieurs annonces très optimistes dans ce sens et réglé en conséquence ses décisions politiques ou plutôt ses absences de décisions. La relance de la croissance par le crédit d’impôt est une chose fameuse que seuls peuvent comprendre les élèves de la promotion Voltaire et qu’en conséquence son Premier ministre peine beaucoup à expliquer à des chefs d’entreprise qui attendent le ciel bleu. Faute de réformer l’État – ce qu’aucun gouvernement n’est parvenu à faire sérieusement depuis 20 ans qu’on en parle –, il a bien fallu augmenter les impôts pour payer les dettes et le coût du fonctionnement qui reste à peu près au même niveau, les prélèvements obligatoires vont dépasser 46 % du PIB et si fiscalement on a visé les riches, ce sont comme d’habitude les pauvres qui trinquent. On a beau répéter cette évidence pour répondre à chaque élection aux promesses socialistes, c’est toujours après qu’on s’en rend compte, puisque c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses ! Et il va y en avoir un paquet. Avec de tels prélèvements obligatoires, les Français, comme d’habitude, se sont mis en boule pour laisser passer l’orage. En conséquence, ni ils ne consomment, ni ils n’entreprennent ou alors ils font leur pelote au noir de façon à ce que l’État leur en laisse un peu pour vivre. Cette réaction microéconomique n’est pas enseignée sur les bancs de l’école. En principe, les prélèvements supplémentaires auraient dû permettre au budget de l’État de combler son trou, sans porter atteinte à la consommation, mais ce qui est encore plus grave et qui ne devait pas être enseigné à la promotion Voltaire, c’est que les grandes entreprises françaises sont devenues des multinationales, possédées très souvent par des fonds étrangers, qui exercent donc leur activité là où les marchés se développent, c’est-à-dire dans les pays émergents auxquels on s’adressait, il n’y a pas si longtemps, avec une certaine commisération.

Ces entreprises sont désormais sur tous les marchés asiatiques, elles regardent l’Afrique ou les grands pays émergents latino-américains et de moins en moins leur marché national de plus en plus compliqué. M. Ayrault déclare que l’on va faire un grand choc de simplification. M. Raffarin disait exactement la même chose, sauf que les ordonnances de simplification ont un peu plus compliqué le système puisque l’État a besoin pour exister, pour réguler comme on dit, de toutes les normes que le Premier ministre veut combattre ! Supprimer des normes, alléger le dispositif permettrait effectivement de faire de grandes économies, mais il faudrait en même temps supprimer tous ceux et celles qui s’acharnent quotidiennement à les appliquer implacablement !

Il n’y aura donc pas de choc de crédit d’impôt, pas de choc de simplification, simplement les grandioses tirades de M. Montebourg menaçant de ses foudres M. Mittal, en oubliant qu’on essaye avec beaucoup de peine de vendre des Rafales aux Indiens et que dire du mal d’un des premiers industriels de ce pays n’est pas vraiment bien vu à New Delhi. Car, à côté de la promotion Voltaire il y a les vrais amateurs, les diseurs de bonne aventure ou les faiseurs de vent. On les a laissé s’occuper du mariage pour tous et ça frôle la catastrophe, tellement toute l’affaire a été gérée à l’envers – c’est le cas de le dire –.

Alors, avec des consommateurs et des entrepreneurs en grève, et du monde dans la rue, on se demande comment le mécanicien supérieur, armé de sa boîte à outils va faire repartir le moteur. Or, s’il ne repart pas, c’est la tempête qui se lèvera et pas sûr qu’on assiste seulement, comme d’habitude à un duel UMP-PS – les décideurs politiques doivent cesser d’être des bonimenteurs, mais devenir des architectes de l’avenir et ceux-là, malheureusement, on les compte sur les doigts d’une main.

Xavier de Roux

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Catégories :L'Echo des Arènes
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