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Et si Hollande virait de bord ?

L’élection de François Hollande, puis les mesures fiscales imposées, ont mis la France en panne. Calme plat, pot au noir, rien ne bouge à part les usines qui ferment et le chômage qui escalade les sommets. Ébahi par le résultat de ses analyses et de ses mesures, la colère montant de tous côtés, le Président a multiplié les consultations et on a vu beaucoup défiler à l’Élysée des porteurs d’avis venant de ce que l’on appelle le monde économique qui savent avoir déjà l’écoute du secrétaire général adjoint de la Maison et le relais de Pierre Moscovici. La situation est assez simple, la France est au milieu du gué. Va-t-elle rester plantée là et chercher, comme jadis Jésus, à marcher sur les eaux, ou se prendre par la main pour atterrir sur l’autre rive qui est nécessairement celle de l’Union européenne ?
On peut en effet écouter Mélenchon et Le Pen s’époumoner contre l’Union, agiter le drapeau de la Nation, les sentiments tricolores et même la Marseillaise qui remue toujours les tripes, il faut bien constater que les choix faits par Paris depuis 55 ans ont entraîné des conséquences profondes sur lesquelles il est difficile de revenir sans risquer le pire.
Les grandes entreprises françaises sont devenues toutes multinationales et ont profité de la mondialisation. Elles ne réalisent en France qu’une faible partie de leur chiffre d’affaires. Elles produisent sur les marchés porteurs et notamment l’Asie ; leur capital a attiré des actionnaires qui sont des fonds d’investissements étrangers. Elles peuvent quitter si elles y sont poussées le territoire national à tout moment. D’ailleurs, si le territoire national ne se montre pas propice à l’entreprise et aux entrepreneurs, si l’on continue d’y entretenir un climat de lutte des classes comme vecteur de progrès, elles iront entreprendre ailleurs, et c’est ce qui aujourd’hui inquiète le plus le gouvernement. Beaucoup de jeunes diplômés vont tenter de faire fortune de par ce vaste monde au Canada, en Australie, aux États-Unis voire en Chine. Ils partent très jeunes avec ce qu’ils ont appris à peu près gratuitement. La réussite n’est pas un vain mot et, malgré le pape de Rome, beaucoup estiment qu’elle doit rimer avec des gains matériels sonnants et trébuchants, parce que l’humanité est ainsi faite depuis que le monde est monde.
Or, rester immobile c’est stopper en France les investissements, les grands projets, c’est assécher le marché, c’est perdre du temps dans la recherche et l’innovation. Même un énarque moyennement qualifié peut s’en rendre compte et c’est le cas du chef de l’État. Il lui faut donc virer de bord, dans la brume et dans le mauvais temps. Ce n’est pas une affaire facile, tous les marins vous le diront, surtout pour un novice qui n’a jamais affronté ce genre de situation. Mais il entend ce qui se dit dans les sommets européens, il entend ce qui se dit dans les entreprises, il entend la grogne des chômeurs chaque jour plus puissante et il ne peut plus efficacement agiter le fantôme Sarkozy et il ne sait pas marcher sur les eaux !
Suivre Mélenchon sur le terrain d’une gauche révolutionnaire qui éclairerait le monde comme en 1789 n’est pas vraiment son tempérament et il estime en outre peu crédible la manœuvre. Mais quand on a le vent dans le nez, si on ne vire pas à gauche, il faut bien virer à droite, c’est tribord ou bâbord amures. Ce ne peut pas être les deux. Hollande n’est pas dans une situation romantique, il ne sait pas prendre l’air de sphinx de Mitterrand lorsqu’il ne sait pas ce qu’il doit faire. Mais il faut stopper le chômage, calmer les créanciers, avoir l’air solide sur la scène internationale, plus que ce pauvre Fabius qui a l’air si fade, si mou. Il faut donc entreprendre les réformes sociétales que l’on critiquait hier ; les accords Medef-syndicats montrent le chemin, relayés par ceux concoctés chez Renault. L’opposition ne peut rien dire, c’était son programme. Il faut revoir d’urgence la politique du logement, et la fiscalité récente qui a découragé les investisseurs comme les acheteurs ; il faut simplifier le droit de l’urbanisme et supprimer des kilos de normes. Hollande l’a promis.
Pour l’instant, les parlementaires socialistes ne suivent pas du même pas, ils sont déroutés, mais les plus cyniques s’arrangent très bien de ce revirement nécessaire. L’opposition continue de se chamailler, ou se réveille pour dire quelques âneries, comme celles d’Axel Poniatowski qui fut pourtant aux manettes de la commission des Affaires étrangères et qui s’en prend à l’intervention de la France au Mali, en expliquant qu’il y a des milliers de morts au Congo-Brazzaville et qu’on ne fait rien ! À Brazzaville, comme à Pointe-Noire, on s’interroge sur la situation décrite par l’honorable député UMP et la critique pour la critique devient inaudible. Les querelles Copé, Fillon, Dati, NKM et quelques autres n’intéressent plus que les journaux people. Le poids de la nécessité va entraîner la réforme du pays, personne ne sait qui y veillera, mais l’inéluctable est en marche, et finalement, faute d’une droite responsable à la manœuvre, c’est peut-être bien Hollande qui tirera les marrons du feu à moins qu’il ait trop peur de se brûler les doigts.
Xavier de Roux

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