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Demain la guerre !

mardi, septembre 25, 2012 Laisser un commentaire Go to comments

Le mois dernier, j’écrivais «Dieu est de retour», et cette constatation, on a pu la faire les semaines passées. Un film fondamentaliste chrétien américain s’en prend à Mahomet et les ambassades américaines brûlent dans 20 pays ! Le Pape de Rome se précipite au Liban, où toutes les confessions du Livre cohabitent, il prêche le dialogue des religions et le dialogue islamo-chrétien, mais au Nigeria on massacre les chrétiens, les coptes en Egypte ne se sentent pas trop bien, en Irak la place est libre, et en Syrie l’église ne sait plus où elle est.
Le cordon bickford allumé continue de brûler, tandis qu’en Europe on essaye d’éteindre un autre incendie, celui de la crise économique et financière, c’est-à-dire celle de l’arrêt de la croissance, indispensable au cycle économique capitaliste, comme une bicyclette doit rouler pour tenir debout. Le pauvre Monsieur Hollande, le sourire crispé, explique qu’il faut lever 35 milliards d’impôt et il est bien évident que ce n’est pas sa taxe de 75% sur le revenu d’une poignée de riches qui permettra de trouver une telle somme. Le patron de LVMH a d’ailleurs sifflé la fin de la récréation et l’installation de ceux qui  n’aiment pas trop les taxes dans des lieux de l’Union européenne plus accueillants pour les entrepreneurs ! Nous disons depuis longtemps que lorsque le Parti socialiste affirme qu’il va taxer les riches, il faut se méfier, parce que ce sont d’abord les pauvres qui trinquent ! Une fois de plus, la démonstration est faite. La paupérisation de la société est en marche et pas seulement en France.
Or dans un tel climat, l’affrontement violent de l’Occident et de l’Islam peut constituer un épisode extrêmement dangereux. En pleines élections présidentielles, Barack Obama ne peut pas rester l’arme au pied et Israël conforté dans ses analyses peut une fois de plus montrer du doigt l’Iran, le grand Satan qui menacerait la paix du monde. Mais qu’Israël frappe l’Iran et les foules d’Egypte et du Maghreb voleront à son secours. Evidemment pensent certains, une bonne guerre peut solder les comptes et redistribuer les cartes. Solder les comptes, beaucoup y pensent, et il n’y a pas beaucoup d’autre choix que la fausse monnaie ou la guerre ! En Asie on y pense aussi, le Japon et la Chine se chamaillent pour une poignée d’îlots dont le seul intérêt est de contrôler une zone économique de 200 miles de diamètre qui contiendrait du pétrole et autres amuse-bouches. Chacun envoie sa flotte de guerre. Le Vietnam et les Philippines font de même dans le sud de la mer de Chine pour contrôler l’archipel des Paracels ou celui des Spartleys que la Chine revendique. Monsieur Hollande a raison, il ne s’en mêle pas, il compte ses sous ; mais comment, avec tous ces bruits de botte sur la planète, baisser le budget de l’armée ? Et si l’on ne peut pas réduire le budget de l’armée, celui de la police, celui de la justice et celui de l’enseignement, on fait comment ?
Monsieur Hollande, qui a l’air si gentil, doit se demander ce qu’il fait dans cette galère. Rien ne tourne comme il avait dit ; les affrontements sur l’autre rive de la Méditerranée, en Afrique comme en Orient, relancent la donne. Faut-il que la France se mêle du Mali ou quatre otages français sont retenus, ou faut-il attendre les bons offices de l’Algérie, ou l’intervention de l’organisation africaine ? Et notre amie la Tunisie, où l’on brûle l’école américaine ? Et notre amie l’Egypte qui fait monter dans le Sinaï aux portes d’Israël, ses divisions blindées, pour maintenir l’ordre, mais quel ordre ? Et nos amis chrétiens de Syrie et du Liban, qu’en fait-on ? Quel rôle confier à la Turquie? Laurent Fabius reste muet ; il a l’air emprunté de quelqu’un qui sait ou qui devrait savoir. Il prend des airs entendus mais pour le pays ne dessine aucun cap. La Russie et la Chine ont choisi leur camp. Ils ont l’histoire avec eux et l’instinct des dictatures contre les peuples. Peut-être sentent-ils simplement que l’embrasement est proche parce que ce serait une fatalité de l’humanité de s’autodétruire à espace régulier, parce que la planète manque de ressources, parce que l’appétit de puissance pour contrôler celles qui existent est bien présent, parce que le bruit et la fureur font partie de l’histoire des hommes ; parce que se mêlent un jour des éléments explosifs qu’on ne désamorce pas. La crise financière de l’Occident qui menace son modèle social, la crise sociale et religieuse en Orient à ses portes, la crise asiatique enfin sur le contrôle des ressources peuvent constituer un mélange détonant à n’importe quel moment. Nos démocraties n’ont pas l’air d’être tout à fait prêtes, mais ça risque pourtant d’être un moyen définitif de résoudre la question de la Sécurité sociale !

Xavier de Roux

Paru dans L’Echo des Arènes n°179 – Octobre 2012

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