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Dieu est de retour !

vendredi, août 24, 2012 Laisser un commentaire Go to comments

Le canon tonne à Damas, on coupe des mains à Tombouctou, l’Egypte est encore sonnée par sa métamorphose et le Coran règne à Tunis. C’est dit-on le printemps arabe, celui du prophète et Téhéran tire ses plans sur la planète pour être le leader de la renaissance musulmane dont il annonçait les prémices dès 1979. Le rêve chiite, celui de reprendre en main l’Islam, ne peut se réaliser que s’il apparaît être le meilleur adversaire de l’ennemi de tous, Israël.
Personne ne songeait en 1945, à la sortie d’une guerre épouvantable qui avait connu le génocide, que planter le sionisme sur les terres saintes allait finalement réveiller le diable et le bon Dieu et bientôt embraser le monde.
Donner une terre aux Juifs semblait être la reconnaissance de leurs souffrances, accessoirement c’était l’esquisse du dernier mouvement de colonisation occidentale au Moyen-Orient qui avait déjà connu tant de tentatives au cours de l’histoire. Des croisades à l’expédition d’Egypte de Napoléon Bonaparte, on retrouve les mêmes noms de forteresses, comme celle de Saint-Jean d’Acre qui vit disparaître, avec Kleber, le rêve français de s’installer de l’Egypte à la Palestine.
Alors ce retour des Juifs vers la Terre promise semblait bien être un mouvement naturel de l’histoire. Mais l’histoire de la Région se corsait avec la découverte des fabuleuses réserves de pétrole dans les déserts dont on avait chassé les Turcs pour des princes plus accommodants.
L’Amérique victorieuse, avide d’énergie, avait besoin d’un chien de garde. Elle choisit Israël, et ce «peuple sûr de lui et dominateur», comme dira le Général de Gaulle, enchaîna les guerres et bouleversa les régions. La Palestine occupée, l’Egypte vaincue puis réconciliée, les monarchies arabes gavées de richesse, un shah tout neuf ayant chassé du pouvoir en Iran le nationaliste Mossadegh, tout semblait devoir rentrer dans l’ordre, et même les dictatures socialistes plantées là par une Union soviétique active. Mais Israël et ses alliés occidentaux ont eu tort de croire que l’on pouvait rayer un peuple d’un coup de torchon. Quelques Palestiniens furent le ferment d’une lutte qui bientôt s’étendit à tout le Moyen-Orient, et dont Dieu se mêla tout naturellement puisque Jérusalem est le berceau des trois religions monothéistes qui enseignent le même livre et le même dieu unique auteur et fin de toutes choses, pardonnant les offenses mais capable de porter le glaive chez l’ennemi !
Devenus tranquillement athées ayant, comme les femmes de Peguy, rangé la couronne et le suaire, nous pensions être sortis de nos guerres religieuses et de notre inquisition même si nos églises portent encore aujourd’hui la marque du feu catholique ou protestant. Alors que nous nous préoccupons du big-bang originel, de l’origine de la matière ou de la fin des temps, les hommes d’orient rêvent de vie éternelle et de paradis, puisque sur terre ils rencontrent trop souvent le malheur.
L’Islam était vif sous la braise ; l’injustice a tout enflammé. Les hommes de paix de Camp David sont morts ; les hommes de guerre sont maintenant à l’œuvre. Certes, Israël grande puissance nucléaire peut menacer son voisin iranien qui s’efforce à son tour de posséder les outils de la dissuasion, elle peut même provoquer une guerre préventive, mais que deviendrait le monde si une guerre nucléaire éclatait de la Méditerranée aux portes de l’Asie ? Il existe une prédiction maya qui date au 21 décembre la date de notre extinction ; personne, sauf quelques farfelus, ne croit aux prédictions maya, et chacun pense que les guerres, si sauvages soient-elles, restent toujours dans le contrôle des grandes personnes que l’on trouve à Washington, à Tel-Aviv, à Pékin ou à Moscou.
Mais si l’un des joueurs de ce terrible jeu d’échec devenait fou ? Et si Dieu s’emparait du jeu tout entier, lassé que tous ces malheurs se fassent en son nom ? Si le hasard remplaçait la nécessité ? Si l’histoire ne dépendait que du nez de Cléopâtre ?
Les stratèges, les géopoliticiens, affinent leurs analyses et soumettent toutes les hypothèses à leurs ordinateurs, mais que savent-ils vraiment de ce qui se passe à Khom ou à Jérusalem ? Que savent-ils vraiment de ce qui se passe à Damas entre les Alaouites chiites, le Hezbollah, l’Iran et la révolte sunnite ? Téhéran qui contrôle l’Irak, malgré la guerre religieuse qui se poursuit, qui contrôle, à partir de Herat, une grande partie de l’Afghanistan, ne veut pas perdre son influence déterminante en Syrie et au Liban. Là, elle est aux portes d’Israël où se joue la partie principale : le meilleur ennemi d’Israël sera le leader de l’Islam ; Ali et Fatima pourront prendre leur revanche sur les califes. Dieu les reconnaîtra ! A quoi bon dès lors “éradiquer” Israël qui sera simplement submergé par le peuple de la foi ? Sauf que le Dieu de Tel-Aviv et de New-York ne l’entendra sans doute pas de cette oreille.
Cette fois-ci, nous avons sûrement à nos portes un brasier. Il faudrait un faiseur de paix. Il est dommage qu’en France nous n’en ayons aucun.

Xavier de Roux

Paru dans L’Echo des Arènes n°178 – Septembre 2012

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Catégories :Actualite, L'Echo des Arènes
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