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Une planète à bout de souffle ?

On ne sait plus quelle prédiction inca fixe la fin du monde à 2012, si bien que certains, espérant survivre, se font construire des bunkers dans les montagnes et que d’autres amassent des provisions. Pas très éloignés de ces prédictions, les Verts expliquent que faute de changer toute l’organisation économique et sociale, l’homme disparaîtra avec son écosystème. Il est exact qu’au début de ce XXIème siècle, on assiste à des phénomènes étranges, des tornades meurtrières aux Etats-Unis, des tremblements de terre au Japon, la sécheresse alternant avec les inondations, et pendant ce temps-là, les denrées alimentaires atteignent des prix inconnus tandis que la population s’accroît et qu’il lui faut bien manger et boire, et consommer de l’énergie pour son activité. Les uns tablent sur une croissance des richesses produites plus forte encore, les autres soutiennent qu’une telle croissance à long terme est tout simplement impossible faute de ressources naturelles et d’épuisement de la planète. Une organisation américaine, Global Footprint Network, mesure la quantité d’eau et les surfaces agricoles nécessaires à la production de ce dont nous avons besoin ainsi d’ailleurs que l’espace indispensable à l’absorption des déchets que nous produisons. Global Footprint estime que la limite est atteinte. Nous utilisons toutes les ressources de la planète, et comme nous n’en avons qu’une, la situation est un peu difficile. Evidemment, Global Footprint n’est heureusement pas les tables de la loi et sa vérité n’est pas une vérité révélée. Mais il est certain que si l’on augmente le taux de CO2 dans l’air, la terre se réchauffe, et que si l’on pollue l’eau avec des nitrates, de l’azote et des pesticides, on change la nature des organismes vivant dans l’eau. Seulement l’homme n’est pas maître du CO2 rejeté dans l’atmosphère lorsqu’il s’agit des énormes quantités résultant des éruptions volcaniques ou des feux de forêt.

On sait qu’il existe un conflit entre l’humain et la nature, et on le sait depuis longtemps, on sait que les rêves monumentaux de Staline ou de Mao Tsé Toung d’asservir la nature à l’homme ont été un épouvantable échec, et que le goût forcené du profit peut conduire au même résultat par d’autres chemins.

Quelles leçons doivent donc tirer les dirigeants politiques qui font semblant d’ailleurs d’administrer un système économique qui leur échappe complètement ? Et bien tout d’abord de piloter davantage le système économique global. Et c’est extrêmement difficile, tant le développement des outils de communication et d’échanges se sont mondialement développés. L’instrument politique des démocraties représentatives occidentales, forgé par la pensée libérale, est incapable de maîtriser les forces anarchiques des marchés ; la liberté des marchés éclabousse la souveraineté des Etats, et ceux qui maîtrisent le mieux, ou le moins mal, sont les Etats où ne règne pas la liberté au sens occidental du terme. Le meilleur exemple est la Chine. Certains rêvent d’une économie à la chinoise ; mais quelle est l’élasticité de la liberté et de l’individualisme ? Reste à l’Etat de choisir d’être acteur dans la chaîne de production, d’échange et de financement. C’est la tentation française, assez réussie dans le domaine de l’énergie, mais fort critiquée pour son choix nucléaire, qui était cependant celui de l’indépendance. Peut-on le dupliquer à travers une grande compagnie d’exportation qui prendrait en charge ce que nos PME ont du mal à vendre sur les marchés étrangers ? Peut-on créer une grande banque de développement consacrée à l’entreprise, dont le capital serait des fonds publics, et serait-elle plus efficace que les banques actuelles de crédit ? Peut-on surtout ouvrir à la concurrence des marchés dominés par la concentration excessive de la distribution ? Ce sont autant de questions que l’on doit poser, et la campagne présidentielle permettra aux uns et aux autres de développer le réalisme, le rêve et l’utopie avec finalement pour enjeu une démocratie prospère. Le pari est loin d’être gagné, faute de posséder les outils nécessaires.

 Xavier de Roux

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