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La République perd les élections cantonales

Au soir du vote, on constate que 56% des électeurs ne se sont pas déplacés, ils se sont abstenus de voter ! Ils se moquent comme d’une guigne de la gestion des conseils généraux. D’ailleurs dans l’inextricable fouillis des institutions françaises, ils ignorent parfaitement le rôle exact de ces fameux conseils généraux, beaucoup sont persuadés qu’il s’agit de prébendes que se partagent des personnalités politiques dont ils connaissent le nom, soit parce que, ancré dans le territoire depuis des générations, c’est devenu une sorte de propriétaire de la charge sur le modèle de l’ancienne France, soit parce qu’en charge d’affaires nationales, on le voit souvent à la télévision et ce n’est qu’en complément de son activité ministérielle ; que les partis se chamaillent pour prendre la place prouve simplement que la place est bonne, elle rapporte ! Cet aspect négatif de la fonction politique, la dégradation de son image, l’extraordinaire confusion des genres entre le Conseil régional, le Conseil général, les Communautés de ceci ou de cela, éloigne le citoyen de sa République. Il ne s’y retrouve plus et son rôle de citoyen, celui conquis d’abord en 1789, se perd dans une incapacité à agir directement sur les affaires qui le concernent.

Le citoyen a le sentiment que son seul bulletin de vote n’est plus un levier suffisant pour lui permettre de participer aux affaires de la cité. Et c’est d’ailleurs vrai que la confusion des genres, la mondialisation de l’économie ont fait disparaître le geste citoyen. Souvenons-nous simplement de l’affaire de Maastricht ou du traité de Barcelone : l’Europe imposait à une France socialiste les dogmes du libéralisme le plus extrême ! Il est évident que le citoyen français n’avait pas voté socialiste pour la mise en concurrence des services publics et la fin des monopoles d’Etat ! C’est pour cette même raison que les partis simplement protestataires progressent ; Mélenchon en voulant limiter les salaires du haut, et Marine Le Pen en voulant supprimer la concurrence du bas, c’est-à-dire l’immigré ! Si ils accédaient aux affaires, Mélenchon comme Le Pen auraient à gérer des réalités assez éloignées de leur slogans, et aidés par la même fonction publique, soumis aux mêmes exigences, ils ne feraient sans doute pas beaucoup mieux que ceux qu’ils ont tant brocardés.

A l’heure de Facebook ou de Twitter, il apparaît que la reprise en main du rôle du citoyen, base de la République, passe par le changement radical de la façon dont il choisit sa représentation. Pendant des décennies le vote est apparu  comme la panacée universelle, mais puisqu’on ne vote plus parce que le vote ne débouche pas sur ce que l’on veut, il faut radicalement supprimer le vote, redonner toute sa place au citoyen en faisant en sorte que l’exercice des pouvoirs démocratiques devienne un devoir pour tous et non pas l’apanage de quelques parvenus du suffrage universel minoritaire.

Pour cela, une solution est simple, c’est la désignation du citoyen par tirage au sort dans les assemblées comme en matière de jurés des assises. Aucun juré ne s’est plaint d’avoir exercé la justice en son âme et conscience, même s’il était très éloigné de ces questions avant d’être choisi. Ce devoir de participer aux affaires publiques par un tirage au sort nécessairement égalitaire doit redonner un sens à l’action publique, en montrant les difficultés de la tâche, mais aussi en libérant les imaginations, prisonnières aujourd’hui de la pensée unique d’une élite ou prétendue telle. Cette solution n’est pas nouvelle et on peut s’inspirer de la constitution de la République de Venise où le collège des citoyens, chargé notamment de désigner les doges, était tiré au sort. Il faudra également revoir les conditions de l’administration du territoire pour que les assemblées locales soient bien en cohérence avec les bassins de vie et d’activité qu’ils doivent gérer et développer ; l’Education nationale devra inscrire dans ses programmes, dès la petite enfance, l’éducation citoyenne et les devoirs que ces derniers doivent à la République.

Enfin chargés de leurs affaires et très directement, les citoyens français devront s’en prendre à eux-mêmes pour le bon comme pour le mauvais. Ils redeviendront peut-être de bonne humeur.

Xavier de Roux

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Catégories :Actualite, Politique
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