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Pas de retraite au paradis

Le débat sur le financement des retraites prend une tournure bien française. Il devient incompréhensible. Le problème est pourtant très simple. Nous tenons à notre système de retraites par répartition ; ceux qui sont au travail cotisent pour ceux qui ont atteint l’âge de ne plus travailler. Il s’agit d’un prélèvement obligatoire qui varie en fonction du nombre de pensions à servir, compte tenu du montant de ces pensions. Plus la durée de vie est longue, plus il y a de pensions à payer. Plus il y a de pensionnés, plus les travailleurs doivent cotiser. Si la proportion entre les travailleurs et les pensionnés se modifie au détriment des travailleurs : ils doivent cotiser plus, ou plus longtemps. Ce n’est pas très compliqué. Les possibilités d’ajustement sont donc : l’âge de départ à la retraite, la durée des cotisations, ou le montant de la cotisation, ou les trois dans des proportions à définir.

Si l’on ne change pas de système, et c’est ce qui semble être souhaité, le seul problème est de savoir où l’on place le curseur.

Madame Aubry, qui a inventé de réduire la durée du travail, souhaite maintenir à 60 ans le droit de cesser de travailler, mais la pension due serait calculée, elle, sur la durée réelle de cotisation. On partirait donc à 60 ans, mais pas nécessairement avec une retraite à taux plein. Seulement en cessant le travail on ne cotise plus, et donc les recettes sont moindres pour payer les pensions.

Le Gouvernement, pour maintenir la durée des cotisations, propose de porter l’âge de départ à la retraite à 65 ans, avec des aménagements pour les carrières pénibles et maintenant pour les mères de famille.

C’est donc ce chiffre magique de 60 ans qui ne sera pas utile en pratique, qui condense tous les mécontentements, les grèves générales et particulières, les cortèges et leurs trains, cette atmosphère de fureur et de défiance, avec finalement le cri du cœur : il faut frapper tous les revenus, c’est-à-dire ceux de l’épargne et du capital investi. Pourquoi pas ? Il y a déjà la CSG, la CRDS, sans compter l’impôt sur le capital, l’ISF et l’impôt sur le revenu que ne paye qu’un contribuable sur deux, et M. Mélanchon ajoute : «Je confisque toutes les fortunes au-delà de 300 000 euros !» On change alors complètement de société. C’est un choix que les électeurs auront à faire. On rentre enfin au paradis, et au paradis, il n’y a plus besoin de retraite. Encore quelques défilés camarades, et l’on vivra enfin heureux !

Xavier de Roux

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Catégories :Actualite
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