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Vingt ans après !

mercredi, octobre 28, 2009 Laisser un commentaire Go to comments

Il y a vingt ans, symboliquement, le mur qui séparait Berlin en séparant deux mondes s’effondrait. Le marxisme léninisme soviétique qui avait tenté de construire la société des égaux sur la moitié de l’Europe et dans le monde, perdait le cœur de son réacteur. Moscou bientôt adoptait les vertus et les vices du capitalisme anglo-saxon. La doctrine du libéralisme économique, dans laquelle figure le mot «liberté», a donc envahi le monde avec quelques exceptions notables et pas très orthodoxes, comme le communisme chinois qui allie le capitalisme d’Etat et la libre entreprise dans un système dirigiste assez étrange, où presque tout existe sauf la liberté démocratique à la mode occidentale.
Mais vingt ans après, la propagation de la foi au libéralisme a produit des conséquences terribles. Le grand casino financier planétaire, installé à la City de Londres comme à Wall Street, a sauté face à des joueurs pressés, avides et sans scrupule. C’est tout un système idéologique qui à son tour montre ses limites, et le monde politique, où l’on devrait penser la façon d’organiser les sociétés humaines, est pris d’une grande perplexité.
Obama pendant sa campagne électorale avait à grands traits esquissé une autre vision du monde, une vision intelligente, mais en démocratie les intérêts particuliers s’expriment toujours sous l’apparence de l’intérêt général, et les critiques sur le sol américain montent de toutes parts, montrant les limites des possibilités d’action du Président élu. En Europe règne comme d’habitude une heureuse cacophonie. C’est pourtant là où la chute du mur de Berlin a le plus modifié les choses. La réunification de l’Allemagne en a fait la plus grande puissance européenne incontournable avec 80 millions d’habitants, sa place centrale, ses liens forts avec les pays de l’ancienne Autriche-Hongrie. Après trois guerres, le rêve de Bismarck se réalise dans la paix, et l’Allemagne enfin démocratique cherche une issue équilibrée, dans la tradition du capitalisme rhénan, aux excès du monde anglo-saxon.
Ainsi, en vingt ans, le communisme mondial, puis la mondialisation libérale à la sauce américaine se sont tour à tour effondrés.
Il y avait longtemps que notre planète n’avait pas eu à faire face à de tels phénomènes. La fin des monarchies européennes à la fin du XIXème siècle a peut-être eu quelque chose de comparable. Mais alors la recherche théorique battait son plein et ce n’est pas le cas aujourd’hui.
En effet tandis que la planète est majoritairement peuplée d’agriculteurs pauvres tentant de survivre dans des conditions difficiles, les pays occidentaux entrent dans une nouvelle phase de l’histoire qui se caractérise par un déclin massif de l’emploi salarié dévoré par les nouvelles technologies tandis qu’émerge une élite de gestionnaires, de chercheurs, de manipulateurs d’informations et de financiers, entraînant le monde dans l’anarchie et le chaos, sans que les démocraties n’aient de prise sur ces phénomènes.
C’est donc une nouvelle société post marchande qu’il convient d’inventer, et qui d’ailleurs s’invente toute seule avec la prolifération des auto-entrepreneurs, la création de circuits courts de distribution, l’invention de services de proximité, une nouvelle façon de consommer et de vivre.
Mais cette société là ne sera que le nouveau visage des sociétés riches, alors que les solidarités planétaires sont évidentes. Le monde occidental a déménagé ses usines en Asie et en Chine, pour trouver des prolétaires à son goût, qui ne combattent pas sur son sol. Les prolétaires occidentaux sont donc devenus chômeurs. On voudrait faire la même chose avec l’agriculture !
Le monde multipolaire de l’après mur de Berlin a beaucoup de mal à se penser en ordre, à éviter la multitude de ses intérêts particuliers et de ses contradictions. Certes quelques gourous millénaristes s’affairent en prédisant la sixième extinction, ou l’ordre écologique nouveau. Mais ce n’est pas ainsi que l’on dessine une société humaine, tenant compte de la démographie et des besoins de tous.
Marx, au fond, c’était trop simple ! Staline, Mao ou Pol Pot ça n’a pas marché. Evidemment en France nous avons encore en magasin Ségolène Royal ou Besancenot, mais c’est un peu court.

Gardons-nous à droite, gardons-nous à gauche et retournons peut-être vers ce qu’il y a de plus intemporel dans la pensée humaine, du côté de Platon, en attendant enfin que nos femmes et nos hommes politiques se décident à penser eux-mêmes, et à imaginer le futur où doit nous conduire la démocratie dont ils tiennent les rênes. Ça n’est pas pour demain.

Xavier de Roux

Paru dans L’Echo des Arènes n°145 – Novembre 2009

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