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A Saintes le RSA fait la révolution

mercredi, juillet 1, 2009 Laisser un commentaire Go to comments

Le Parti socialiste va mal, à Saintes comme ailleurs. Le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de la ville a fait savoir qu’il n’appliquerait pas la loi créant le Revenu de Solidarité Active (RSA) pour des motifs divers et variés, allant de la complexité des dossiers à monter, à l’effet supposé de ce régime qui remplace le Revenu Minimum d’Insertion (RMI), sur le développement des activités précaires. On sait que le principe du RSA – inventé par Martin Hirsch qui ne passe pas pour un militant d’extrême droite – est simple : tous ceux qui sont éligibles à ce système, c’est-à-dire en gros les anciens Rmistes, pourront cumuler un salaire et une contribution sociale dès lors que l’addition des deux ne les conduise pas trop au-delà du SMIC. Ce système de bon sens qui permet à un demandeur d’emploi d’accepter un travail sans perdre sa protection sociale (c’était le cas du RMI) tout en cumulant un salaire et une aide si le salaire est inférieur au SMIC, était demandé depuis belle lurette ; le premier à l’avoir refusé était Alain Juppé en 1996 ! Il est évident que dans une société où le salariat est en question, le revenu du travail, quel qu’il soit, doit être pris en considération. Autrement c’est le cumul du SMIC et du travail au noir !

On aurait pu espérer que le dispositif, très coûteux en termes de solidarité pour le contribuable, soit applaudi sur les bancs de Gauche confondus. Pas du tout ! L’exemple de Saintes est magistral. Le RMI ou rien ! Et cerise sur le gâteau, le CCAS explique que la paperasse est telle qu’il faut embaucher trois fonctionnaires de plus pour faire marcher le système. Sur ce dernier point, il y a matière à discuter. La complexité des textes s’oppose à la simplification de l’Etat voulue par le Président Sarkozy et d’ailleurs par ses prédécesseurs. On se souvient que Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre de Jacques Chirac, avait créé une machine qui s’appelait le Comité de simplification administrative inauguré avec flonflons et discours. Le COSA, largement peuplé par la société civile a fait ce qu’il a pu. Il a proposé des tas de simplifications administratives, dans tous les domaines, et ses travaux ont même donné lieu à des ordonnances prises dans le cadre d’une loi votée au Parlement, habilitant le Gouvernement à simplifier par ordonnance ! Le résultat est ténu. Souvent la simplification a rendu les choses plus compliquées encore. La mise en œuvre du RSA n’échappe pas à ce travers républicain qui ne fera jamais simple quand on peut faire compliqué. Mais ce n’est pas le RSA qui est en cause, c’est notre système où ceux de l’Agence pour l’emploi se battent encore contre ceux de l’UNEDIC parce qu’ils n’acceptent pas leur fusion dans un grand service public de l’emploi ! A Saintes d’ailleurs, cette lutte titanesque a tout simplement  empêché une vraie Maison de l’emploi efficace de voir le jour, à force de compter les virgules du texte et de remplacer sans cesse, avec une grande application, « par conséquent » par « donc ».

Le CCAS de Saintes est sous l’autorité des élus, au premier rang desquels le maire, qui a la lourde tâche d’appliquer sur le territoire de sa commune les lois de la République. Affirmer ainsi que Saintes n’appliquera pas le RSA, et deviendra par voie de conséquence, une zone de non-droit, peut enchanter certains membres de la municipalité, comme le fameux Thierry Leblanc qui souhaitait créer un camp de SDF dans la prairie ; mais que le Conseil municipal, dans son ensemble, se détourne de la loi républicaine au bénéfice de deux ou trois dogmes socialistes portés par un Parti moribond, a de quoi surprendre !

Certes, Monsieur le sous-préfet exercera avec attention le contrôle de la légalité et l’on  peut penser que tout va rentrer dans l’ordre ou à peu près. Une question vient cependant à l’esprit, puisque le CCAS de Saintes ne souhaite pas appliquer les lois de la République, mais les siennes propres. Que propose-t-il ? Quelles mesures ?

On peut certes proclamer haut et fort le droit au travail pour tous, mais encore faut-il créer l’activité qui engendrera le travail, et là il faut avoir de l’imagination et le plus souvent quelques capitaux – le mieux serait sans doute d’interdire le salariat puisqu’il constitue l’exploitation de l’homme par l’homme. Chacun se débrouillerait avec sa pelle ou son marteau. On n’aurait plus à penser au RSA, au travail au noir ou au travail tout court ; le patronat serait définitivement aboli. On verrait naître une coopération harmonieuse de tous les agents de production, et les autres iraient pêcher à la ligne, sans CO2 ni gaz à effet de serre. On attend une proclamation en ce sens de la ville de Saintes, qui va ainsi entrer pour toujours dans l’histoire moderne.

Xavier de Roux

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