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Abus de pouvoir

François Bayrou est un personnage surprenant. On a connu un jeune normalien talentueux donnant l’illusion d’un homme politique intelligent et efficace. Il ne laissa pourtant pas de grands souvenirs de son passage au Gouvernement. On sait simplement qu’il s’acharna à ne rien faire lorsqu’il fut ministre de l’Education Nationale. On ne peut pas lui reprocher son bilan : il n’en a pas. Mais il a décidé d’être Président de la République. C’est une maladie à la mode qu’il partage avec quelques autres. Il faut donc prendre des postures. François Bayrou a décidé d’ouvrir le feu sur son rival Nicolas Sarkozy, qui, lui, a été élu. Ils se connaissent depuis de très longues années, ils ont fréquenté les mêmes allées du pouvoir, ils ont mené les mêmes combats. Alors prétendre brutalement que Nicolas Sarkozy met fin à la France républicaine et à la démocratie pour imposer le règne de l’argent et le modèle anglo-saxon relève du poncif à la mode et de la caricature. D’abord parce que le modèle anglo-saxon est cul par-dessus tête, l’industrie financière en faillite et les banques d’affaires en déroute. Personne évidemment ne peut plus soutenir ce modèle-là ; François Bayrou n’a pas l’air de savoir que le casino a sauté et qu’il faut se préoccuper de l’avenir. On attend d’un homme politique des idées pour des actions. On ne trouve dans l’ouvrage de François Bayrou ni l’un ni l’autre si ce n’est la fameuse exception française qui ferait que nous ne serions pas un pays comme les autres, mais une île protégée dans un océan sur lequel l’humanité est à la dérive. Cette définition peut flatter certains Français. Elle ne permet pas de réfléchir à l’avenir. Car François Bayrou – qui fut européen – n’a pas l’air de se rendre compte que la planète est devenue minuscule ; que les nouvelles technologies déplacent les capitaux à la vitesse de la lumière et imposent donc une régulation mondiale – c’est une première leçon de la crise – que l’avenir écologique de la planète impose également une gouvernance globale qui ne peut pas s’arrêter à un seul pays, fut-il aussi talentueux que la France. Le côté béret basque et baguette sous le bras du sympathique Français qu’appelle de ses vœux François Bayrou fait penser à ces images jaunies qu’on trouve dans les tiroirs des familles, au rayon photos. C’est plein de nostalgie. François Bayrou ne dit pas un mot de demain. Il canonne le Président de la République, pour lui prendre sa place et lui piquer son fauteuil, mais cet appétit de pouvoir ne dit pas à quoi il servira. En fait de pamphlet, nous avons un brouet fade servi par un vieux jeune homme, devenu monsieur Jadis. C’est dommage ; il méritait mieux que cela.

Xavier de Roux

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Catégories :Politique
  1. dimanche, mai 17, 2009 à 7 h 27 min

    Je partage votre analyse et vous avez beaucoup de talent dans vos expressions.
    A mon gendre qui me disait un jour qu’il souhaitait voter pour cet homme du Béarn, je lui avais répondu que son discours, la plupart du temps, m’était peu compréhensible, avec des élans de maître de conférence
    qui le rendait confus alors qu’il souhaitait faire oeuvre de pédagogie.
    Désolé mais je préfère J.L. Borloo pourtant peu épargné par les « guignols de l’info ». Il n’est pas professoral, simple et authentique maintenant.
    Cela fait alors un avocat de plus en politique et la politique est à défendre car de plus en plus éloignée du peuple, hélàs.

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