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Une vraie révolution !

La banqueroute du casino financier imaginé ces vingt dernières années par les esprits les plus savants de Wall Street et de la City de Londres, ouvre une voie nouvelle et hâte une évolution planétaire à laquelle on croyait avoir tout le temps de réfléchir. Les arts informatiques et numériques ont cela de fascinant qu’ils effacent la distance et le temps et font voyager à la vitesse de la lumière aussi bien la richesse que la ruine. On vient de s’en rendre compte grandeur nature.

Nos savants financiers anglo-saxons voulaient la “globalisation”, eh bien ils l’ont ! Le cordon Bickford allumé à New-York a fait sauter la planète financière en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, laissant la place… aux responsables politiques que l’on vouait aux gémonies parce qu’ils étaient porteurs de règles d’organisation sociale extrêmement dérangeantes pour les jeunes gens fleuris qui pensaient créer la richesse ; tout au moins la leur.

Et les responsables politiques ont constaté qu’en ces temps de globalisation, même à marche forcée, il fallait bien globaliser à son tour si l’on voulait s’en sortir, c’est-à-dire trouver une solution à l’économie-monde qui passe par un accord sur un minimum de règles pour administrer un marché que l’on a voulu mondial. Et alors que l’Union Européenne n’a même pas achevé sa gouvernance, c’est de gouvernance mondiale dont on parle ! L’enjeu est d’une autre taille et il ne concerne pas seulement le jeu de meccano financier, mais toute l’économie-monde, puisque la même solidarité s’impose dans la sphère de l’écologie planétaire ; ce sera bientôt sur ce sujet crucial la conférence de Copenhague.

Nous assistons donc en même temps à deux impressionnants big-bang, pour commencer le siècle.

Barack Obama, l’homme providentiel, sera-t-il en mesure d’assurer cette mutation ? Rien finalement n’est moins sûr. Il a sur les épaules le poids culturel de l’Amérique, traditionnellement hostile aux interventions des Etats, et à tout ce qui ressemble à une réglementation de l’économie dont la force doit venir de la liberté, et plus hostile encore à une politique écologique globalement concertée. Certes sur ce deuxième sujet – l’avenir de la planète – son discours est plus libre, mais l’impact sur les industries américaines et les réactions de ces dernières sera une autre affaire, si bien que l’Union Européenne pourrait avec une vraie vision politique reprendre les choses en main.

Cette volonté politique, Nicolas Sarkozy la possède ; sa rivalité avec Obama est évidente, mais il faut mettre l’Europe en ordre de marche alors que les élections européennes approchent et que les électeurs français se moquent comme d’une guigne des enjeux planétaires. Comme d’habitude, ils règlent leurs comptes à leur gouvernement et à la majorité qui le soutient. L’UMP ne peut être sauvée que par le vide sidéral qui règne au Parti socialiste sur ces deux questions essentielles. Mais François Bayrou en embuscade, dévoré par sa passion du pouvoir, pourrait bien rafler la mise.

Pourtant, jouer “tout plutôt que Sarkozy” est une erreur. Le personnage, évidemment, ne fait pas l’unanimité, et on lui trouve autant de défauts aujourd’hui qu’on lui trouvait de qualités hier, mais il est le seul leader européen capable, sur la scène du grand théâtre mondial, de donner la réplique à Obama, et de faire en sorte que l’Occident soit toujours porteur de projets.

L’embuscade c’est l’affaire de l’écologie, clef de la gouvernance mondiale. Les Etats-Unis, s’ils sont désireux de prendre toute leur place sur ce sujet crucial, n’ont ni la culture, ni la pratique.

Sarkozy peut jouer sur l’entraînement de l’administration française qui s’est fait lors du grenelle de l’environnement et qui a donné toute sa mesure lors de la présidence française de l’Union Européenne. Non seulement les sujets sont transversaux et interdépendants, mais ils impliquent une politique planétaire et une bonne coordination des impacts.

Ainsi, pour les enjeux futurs, politique écologique et politique financière se conjuguent et font apparaître les besoins d’une organisation politique mondiale. Ce qui n’était que rêve ou utopie, devient très vite une réalité, un enjeu de pouvoir et nous y sommes.

Cette formidable partie est à peine commencée. Ne tirons pas déjà sur notre seul champion !

Xavier de Roux

Paru dans L’Echo des Arènes n°139 – Mai 2009

echo139-012

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Catégories :Actualite, L'Echo des Arènes
  1. patrickédouardbernardeau
    dimanche, mai 17, 2009 à 11 h 27 min

    Merci et parlez nous encore plus d’écologie et d’Ecologie Radicale surtout.

    • lundi, mai 18, 2009 à 21 h 18 min

      L’ECOLOGIE EST EVIDEMMENT RADICALE BIEN A VOUS

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