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Les leçons d’un désastre

lundi, décembre 29, 2008 Laisser un commentaire Go to comments

Chaque jour les extravagances du marché financier américain nous montrent que la cupidité sans limite des acteurs nous a mené à l’inquiétante situation où l’économie mondiale se trouve aujourd’hui. Où le modèle anglo-saxon est apparu à nos élites la perfection absolue puisque la croissance américaine sous la présidence Bush, laissait sur place la croissance européenne.
La recette était donc simple, moins d’Etat, moins de règle, plus de liberté et d’imagination, création de nouveaux produits financiers, créativité… Que n’a-t-on pas entendu !
Il apparaît aujourd’hui qu’on a fait sauter la caisse, comme on fabrique une escroquerie ou un hold-up, et M. Maddox fait partie des bandits ordinaires, sauf que piquer 50 milliards de dollars, ce n’est pas donné à tout le monde. Mais surtout, dévaliser la planète sans que personne ne s’en rende  compte, donne une idée de l’affaiblissement des gendarmes de la bourse et du marché financier. Il est difficile de penser que la Security Exchange Commission est devenue tout à coup sourde et muette. Souvenons-nous des cris d’orfraie qu’elle poussait lorsqu’une mutuelle française s’emparait d’une obscure compagnie d’assurances de Californie !  On peut malheureusement penser que ce petit monde a créé des accointances et des parasites qui ressemblent à des protections.
Et l’on ne fait que détricoter le début de l’écheveau. Il est donc urgent de protéger l’épargne publique et de faire en sorte que la tranquille rentière de Perpignan – ou de Saintes – n’apprenne pas un beau matin que ses économies, à travers telle ou telle Sicav que lui a pris son banquier, sont tombées dans un trou noir ou dans une poche profonde dont elles auront peu de chance de sortir.
Et l’on remet l’Etat en première ligne, tant que l’on n’a pas organisé un solide corps de contrôleurs internationaux.
Pour protéger son épargne, la France, comme d’autres pays, s’est engagée à faire en sorte que les banques ne tombent pas en faillite. L’Etat apporte donc sa garantie, mais si l’on additionne toutes les garanties données par tous les Etats du monde, on constate simplement qu’ils héritent de toutes les mauvaises dettes du marché financier en espérant que le nettoyage des Ecuries d’Augias se fera plus vite que l’appel de leur garantie.
Parce que les Etats n’ont pas en caisse le premier kopeck pour tenir leurs engagements ; ils sont eux-mêmes tous débiteurs. Le seul avantage d’un Etat est qu’il bat monnaie. Encore faut-il avoir confiance dans cette monnaie ; l’effondrement du dollar et de la livre sterling montre que tout à une limite, et l’Euro qui aujourd’hui en profite a bien peu de marges de manœuvre s’il ne veut pas subir le même sort.
La solidarité économique planétaire doit jouer pour assainir d’abord le marché financier, en évacuant la fausse monnaie, et d’autre part remettre le marché financier à sa place qui est de financer la production, les services et les échanges, et non pas de créer sa propre finalité qui serait le seul gain de la pure spéculation.
Il faut donc remettre les pendules à l’heure, et d’abord l’esprit même des opérateurs qui ont cru pendant des années monter au paradis tandis que d’autres malheureux s’échinaient à produire sans gagner un sou. Il faut oublier le modèle anglo-saxon qui vient de faire faillite alors qu’il était enseigné dans toutes nos écoles de commerce comme le nec plus ultra depuis des années ; il faut surtout et d’urgence travailler à la création et à l’émergence d’un autre système cohérent capable de satisfaire les besoins des peuples.
Et cet exercice est plus difficile. Toutes les théories vont être vantées ; mais ce n’est pas des théories qu’il faut, mais des actions pratiques, c’est-à-dire en démocratie, des actions politiques.
Les partis politiques doivent donc travailler à des projets nouveaux dans un monde complexe, et ce n’est pas facile. Ils ne peuvent plus se contenter de bonimenter ou de commenter l’événement. Ils doivent en même temps faire taire ou calmer les angoisses qui s’expriment  parce que tout change, que rien ne sera pareil et qu’on l’on ne trouve pas vraiment de modèles dans le passé.
Les hommes politiques feraient bien de s’entourer – non pas des astrologues, bien que… – mais de psychologues qui explorent les psychologies de groupe et trouvent la racine du stress et de l’angoisse qui s’emparent de beaucoup de nos concitoyens, pour donner une réponse adaptée, et planter surtout, immédiatement des repères et des espoirs, sans quoi la faillite du casino mondial sera peut-être la cause d’un bouleversement social incontrôlable qui laissera nos experts perplexes, et nos démocraties sans voix.

Xavier de Roux

Paru dans L’Echo des Arènes n°135 de Janvier 2009

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Catégories :Economie, L'Echo des Arènes
  1. samedi, janvier 5, 2013 à 17 h 53 min

    Dans un pays traumatisé par le jacobinisme et qui, pourtant, en vint paradoxalement à developper une sorte de syndrome de Stockolm pour cette philosophie dépassée au plan économique, nous voila maintenant dans un pays où le « trop d’état » est en train d’être soigné par le « encore plus d’état »..
    Dans un pays ou le « millefeuille administratif » destiné à une plus grande autonomie régionale le dispute à une hyper centralisation des pouvoirs, aucuns des acteurs majeurs de la politique française, qui ont pour rôle, ne l’oublions pas, d’impulser et de DESSINER les grandes lignes stratégiques des pojets économiques nationaux, aucuns n’acceptent de dire clairement que l’ETAT FRANCAIS SOUFFRE D’OBESITE.
    Cette obesite ayant sur la France la même répercussion que sur un corps humain.Difficultés pour avancer rapidement(dépassé par les pays concurrents), douleurs chroniques (remises en question, perte d’identité), perte de vitalité (entreprises,emplois), difficultés pour se bouger (lenteur décisionnelle).
    Aujourd’hui, Le ministre du redressement productif, s’affuble maintenant du titre de « ministre de l’hospitalité industrielle? Je crois que je vais envoyer ce document à M. Mittal ainsi qu’au maire de Londres, qui seront en mesure d’apprécier.Et à quand Président du MDR (mort de rire) ou MDP (mort de pleurs ou de peur)
    En visite à la raffinerie PETROPLUS accompagnant Hollande, qu’il méprise suffisamment pour continuer à profiter de son inutile fonction et s’en servir de tribune pour balancer ses voeux ridicules, en voulant par la même se différencier des autres ministres et d’un 1er ministre qu’il abhorre.Cette visite est l’éclatante démonstration que tout n’est que communication et falbala dans cette gouvernance socialiste (d’ou la nomination de l’ancien journaliste Claude Sérillon pour donner plus de punch à la transparente speakerine Najaht Belkacem)
    Il n’y aura vraisemblablement pas de déclaration fracassante à la sortie de l’entretien avec les syndicats. Sauf si, en coulisse, après avoir été en Algérie le mois dernier pour humilier une nouvelle fois la nation française auprès des autorités algériennes et anciens de l’ALN (**),Monsieur Hollande n’avait été demandé l’aumone d’un rachat de la raffinerie par des fonds algériens et libyens, accélerant de fait la colonisation de la France par le monde arabe,
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/01/01/97001-20130101FILWWW00107-montebourg-des-vux-made-in-france.php

    **(et méprisant au passage ouvertement les quelques 5 à 6000 morts civils français et 100 000 morts arkis en plus des 28000 militaires français°).

  2. jeudi, janvier 10, 2013 à 15 h 01 min

    Les Services ou l’industrie !

    Comment expliquer dans notre beau pays que nous soyons toujours prêts à nous étriper pour des idées.
    Et surtout pourquoi systématiquement opposer une idée à une autre en prétendant que l’une est forcément meilleure que l’autre même si elles n’ont rien à voir l’une avec l’autre ????
    Voilà l’une des curiosités de notre tournure d’esprit (encore) gauloise qui ne se dément pas dans le temps et qui nous éclate en plein visage avec encore plus de force dans ces temps économiquement obscures.
    L’industrie est-elle une valeur « solide » alors que le service une sorte « d’ersatz », ou complément d’objet plus ou moins direct ?
    Le fait est qu’aujourd’hui on ne fait que parler de la « réindustrialisation » de la France, avec comme corollaire la création d’un « ministère du redressement productif » ,comme si la production s’était courbée….(pour les bananes en Martinique peut-être), avec à sa tête un homme qui non seulement est incompétent en matière industrielle mais en plus en matière de communication et de diplomatie.
    Cette « pensée unique », comme c’est souvent le cas en France, a traversé les différents états majors de gauche comme de droite pour aboutir à une prise de position forte sur la nécessité de donner plus de poids à « l’économie réelle » et en regrettant presque le poids trop important donné aux (méprisables) SERVICES au détriment de (la noble) L’INDUSTRIE.
    La réalité c’est qu’une « réindustrialisation » ne se décrète pas en claquant des doigts, et la torpeur qui a envahi notre pays depuis 30 ans ne s’effacera pas en 3 ou 4 ans. Certains constats sont amers et parfois durs à accepter mais on ne progresse que par l’acceptation de ses erreurs passées (http://youtu.be/mDoS9NMxzlU).
    Et si on méprise si souvent les services en France c’est parce qu’on y associe naturellement et parfois presque exclusivement le secteur financier qui, même s’il représente une part majeure de ce secteur, est loin d’en représenter la partie la plus intéressante à mon sens, sans dénigrer l’importance incontournable (mais devant être organisée) de son apport à l’économie.
    Ne devrions nous pas aujourd’hui parler de L’INDUSTRIE DES SERVICES, avec au premier rang de laquelle on placera LE TOURISME .
    Le tourisme pourrait-il sauver notre déficiente balance commerciale ?
    N’est il pas le seul secteur de « l’industrie des services » NON DELOCALISABLE.
    Le tourisme n’est il pas un potentiel important d’emplois très diversifiés, nécessitant à la fois du personnel très qualifié mais également non qualifié, à l’image de l’offre humaine de notre pays ???
    A ces 3 questions la réponse est OUI.
    Et que constate-t-on aujourd’hui dans notre pays?
    Que cette source d’emplois est à peine évoquée, comme si le courant naturel de touristes que draine notre pays ne souffrirait pas d’être observé, quantifié et surtout analysé et organisé.
    Première destination touristique mondiale….. voila une première place que nous envient toutes les nations du monde.
    Et cette première place, nous la devons non seulement à notre environnement privilégié mais également ET SURTOUT A NOTRE HISTOIRE ET NOTRE PATRIMOINE CULTUREL ET ARCHITECTURAL.
    Mais les 1ères places sont toujours âprement disputées, et les chiffres régulièrement auscultés.

    81 millions d’étrangers ont visité la France, ce qui représente environ 40 Milliards d’€ de recettes en 2011.
    1 million d’emplois directs pour un équivalent d’1 million d’emplois indirects, d’après le conseil national du tourisme.
    Selon la même source, ce secteur créerait à peu près 27 000 emplois chaque année depuis 10 ans en France.
    Aujourd’hui nous avons « capté » 10% du flux mondial du tourisme (chiffré à environ 1 Md d’individus)
    Mais les autres chiffres moins positifs qui sont donnés nous indiquent qu’un effort important des autorités publiques est à mener d’urgence.
    Si nous comparons nos chiffres à l’Espagne (53 millions de touristes), force est de constater que les touristes restent en moyennes 6,7 nuits en France contre 9,4 en Espagne.
    Et ils auront dépensé 25 % de moins par jour chez nous qu’en Espagne.
    Du coup la France ne se classe qu’en 7ème position européenne en terme de dépenses par touriste.
    Tous ces chiffres pour indiquer à nos gouvernants et acteurs économiques que le secteur du tourisme doit être considéré comme un véritable secteur d’avenir pour le pays, un secteur où des progrès importants doivent et peuvent être réalisés.
    J’interpelle nos gouvernants pour qu’ils fassent le contraire de leurs habitudes, c’est-à-dire qu’ils ne stoppent pas la dynamique de ce secteur par l’édition de lois toujours plus complexes et contraignantes pour l’entrepreneur individuel, qu’ils mettent en place des lignes de crédits bonifiés et adaptés au statut de libre entreprise , et créent une véritable synergie entre l’état, les régions et les entreprises.
    A titre d’exemple le budget alloué en 2009 à un nouvel opérateur public unique (dont il reste à démontrer la performance et dont le ticket d’entrée est beaucoup trop élevé pour un entrepreneur individuel, sans garantie de retour sur investissement), ce budget public se monte à 80 M€ contre 200 M€ à la puissante Turespaña Ibérique.
    Mais peut être attendrons-nous la aussi d’être distancés par nos concurrents avant de mettre en place, à grands frais et à fonds perdus, un ministère du redressement touristique !!!!!
    Enfin, si j’ai bien tout compris.

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