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Les zèbres !

La crise a fait apparaître quelques zèbres à découvert, comme les bulots à marée basse. Moitié cheval et moitié âne, ils se distinguent par leur gilet rayé et parmi eux le polygraphe Nicolas Baverez s’illustre dans les colonnes que la presse lui ouvre largement.

Ce libéral sans nuance, ce docteur de la foi libérale, n’avait pas de mots assez durs, il y a quelques mois, pour les Etats et les hommes d’Etat qui ne pouvaient comprendre les grandissimes mécanismes de l’infaillible marché, hors bien entendu les Etats-Unis d’Amérique dont le néo-conservatisme l’enchantait. Aujourd’hui, grâce au travailliste Gordon Brown, il découvre les vertus des nationalisations et de l’intervention des Trésors publics. «La nationalisation, écrit-il dans le journal Le Monde, face à la crise bancaire, elle est l’arme indispensable… mais de dernier recours». Et il ajoute : «Dans ses interventions l’Etat ne doit pas viser à se substituer au marché mais rétablir au plus vite son fonctionnement normal». Sauf que le fonctionnement normal du marché a justement conduit les Etats à intervenir parce que les banques n’étaient plus en mesure de garantir les dépôts de leurs clients qu’elles avaient souvent engagés dans des opérations douteuses.

Nicolas Baverez aurait dû regarder par le trou de la serrure pour voir qui faisait fonctionner son fameux marché. Il n’était pas difficile d’apercevoir les faux-monnayeurs à la manœuvre, créant de la richesse aussi vite qu’un pauvre s’endettait et d’ailleurs les traders et les malheureux juristes fabriquant les produits dérivés, assurant leur titrisation et leur circulation, son enquête l’aurait mené à quelques joueurs pressés, faisant fonctionner à plein régime la corbeille.

«Le libéralisme constitue, ajoute M. Baverez, le meilleur antidote à l’emballement des pulsions collectives.» Il faut donc croire que l’antidote a été bien tardivement administré, à moins que le libéral de service n’ait oublié de le faire.

Mais si «le libéralisme n’est pas la cause, mais la solution à la crise du capitalisme mondialisé», quelle drôle d’idée pour les Etats d’intervenir ! A moins que les pertes faute d’être à la charge des clients des banques ne deviennent celles du contribuable.

Si en plus d’avoir un compte en banque, on paye l’impôt, on touche alors le jackpot, selon Baverez. Décidément, quel zèbre !

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Catégories :L'Echo des Arènes
  1. Nicolas
    jeudi, octobre 16, 2008 à 19 h 24 min

    Baverez fait parti de ceux qui pensent avoir le monopole de la raison de penser et de dire les choses. Bien qu’il ait raison d’annoncer que la France est en train de tomber, il fait parti de ceux que la presse aime bien donner la parole. C’est évident qu’il soit aussi un zèbre. Qu’est-ce qui nous apprend de plus dans la réalité? C’est bien de porter secours aux banquiers. Ne serait-il pas possible de soutenir les personnes très endettées, qui ne peuvent pas payer les crédits de leurs maisons. Que pense vraiment vraiment M. De Roux face à cette crise?

  2. xavier de roux
    samedi, octobre 18, 2008 à 19 h 56 min

    Ce que je pense de cette crise est contenu dans mes deux papiers précédents : « Ils ont fait sauter la banque » et « L’impossible réforme ». Je pense que cette crise doit entraîner une refonte très importante des règles des marchés financiers à l’échelon mondial. Nicolas Sarkozy essaie de le faire. Se mettre d’accord sur de nouvelles règles est sans doute difficile, mais c’est absolument indispensable…
    Pour les personnes surendettées, il convient de faire des moratoires. Cela se fait d’ailleurs, mais n’oublions pas que les mesures prises, en sauvant les banques, avaient surtout pour objet de sauver l’argent des déposants. Quand une banque fait faillite, ce sont ses clients qui trinquent.

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