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L’impossible réforme

Nicolas Sarkozy, une fois de plus, dans son discours de Toulon, a fait une assez bonne analyse de la situation économique. Le monde traverse la crise financière de l’avarice, de l’imprévoyance et du vol à la tire. Cette crise a été créée par le système financier américain qui s’est propagé au reste du monde. Il y a quelques années on applaudissait Wall Street et la City. Aujourd’hui on leur jette des pierres et le FBI enquête tandis que les Etats libéraux nationalisent leurs banques, car on a décidé de nationaliser les pertes. C’est une constante de l’économie libérale. Ceci étant dit, quelles sont les marges du gouvernement français… A vrai dire on a le sentiment d’une farouche impuissance. La crise tombe sur la tête de François Fillon, comme la vérole sur le bas clergé, en des temps plus anciens ! François Fillon refait sa superbe coiffure et prononce un discours. Il a choisi Enghien-les-Bains ; c’est déjà un programme, et d’ailleurs le programme s’arrête là. La tâche est immense, car c’est bien avant la crise mondiale que la situation française existe.

Et la situation française, c’est depuis longtemps l’impossibilité historique de l’Etat de fonctionner sans accumuler de nouvelles dettes, qu’il sera bientôt impossible de rembourser sans un prélèvement fiscal considérable, et pour cela considérablement impopulaire.

Ne refaisons pas l’histoire de ces 25 dernières années où la France est devenue folle ! L’Etat providence allait s’occuper de tout. Pour s’occuper de tout il l’a fait, mais n’importe comment, et les méchantes langues disent qu’il continue, et si on écoute les promesses de Ségolène Royal, le pire n’est pas encore arrivé et risque d’être pour demain.

Avec mille milliards et demi d’euros de dette, il faut rembourser près de 50 milliards d’intérêts chaque année, après avoir payé le personnel de l’Etat et des collectivités. Personne ne sait faire dans la situation actuelle des recettes, et le prélèvement nécessaire risque de tuer le malade, ou a tout le moins de le faire descendre dans la rue. M. Thibault le fait pour moins que ça.

Alors on tergiverse, on tourne en rond, on attend la pluie, ou le soleil ; c’est selon le temps qu’il fait. Madame Lagarde consulte les astrologues tandis qu’Eric Woerth, un des seuls à peu près sérieux, n’a plus un cheveu sur le crâne. Mais l’Etat continue de s’occuper de tout et de créer de la complexité, pour jouer au chien savant et pour occuper la matière grise qu’il fait vivre. Si l’on décidait – comme disait Pompidou – de ne plus emmerder les Français avec des règlements tatillons, des normes invraisemblables, des obligations de détail jamais atteintes, des contrôles à contretemps, ça ferait une première économie qui ne coûterait rien ; si on revenait sur les stupides lois de décentralisation de Raffarin qui a réussi en un tour de main à doubler les départements par les régions, puis les régions par les départements, en compliquant l’œuvre grandissime des Deferre et Marchand, on aurait peut-être un territoire lisible et facile à administrer. Si on arrêtait de clamer à tous vents, service public service public, pour se demander à quoi ça sert, et comment ça marche, l’existence plutôt que l’être, on toucherait sans doute à des intérêts puissants ; mais chacun dans notre pays a des intérêts puissants. Il n’y a que l’intérêt général qui est en panne. Peut-être simplement parce qu’il n’est pas suffisamment pris en compte, dessiné, montré du doigt, parce que tout apparaît à la fois complexe et dérisoire, et que dans la cacophonie générale, les citoyens français pensent qu’il est urgent de tirer ses propres marrons du feu, avant de se faire griller les doigts.

Heureusement pour le gouvernement, si l’on peut dire, la crise du capitalisme mondial, la remise en cause d’un modèle économique, les craintes des épargnants pour leurs dépôts bancaires, détournent l’opinion du problème central, pour la France, que constitue son Etat et sa finalité.

Mais s’il faut attendre la fin du monde pour bouger, ce doit être que la maladie est sévère.

 

Xavier de Roux

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