Accueil > Actualite, Economie > Au bonheur du marché

Au bonheur du marché

Monsieur Attali, qui fut le gourou de François Mitterrand à l’époque où ce dernier prônait et réalisait la nationalisation des banques et des grands moyens de production, s’est converti en chantre du libéralisme qu’il souhaite faire triompher jusqu’aux chauffeurs de taxis !

Pour cet expert, la liberté absolue entraînerait la croissance absolue.

Pourtant l’effondrement des marchés financiers auquel nous venons d’assister et leur effet de dominos sur la planète entière démontre, une fois de plus, que le marché c’est bien, qu’on peut gagner au casino, mais qu’on peut aussi beaucoup y perdre.

Parfois le marché devient illisible et s’y aventurer ressemble à la forêt de Bondy ; c’est le cas du marché financier. Des jeunes gens doués, portant bretelles, en manche de chemise, ont inventé dans les banques et les cabinets d’avocats – dits internationaux –  des trucs totalement imbéciles que l’on a compliqué pour tenter de les rendre intelligents, puisque la complexité est devenue un art qui cache la raison.

Il y a bien sûr les fameux produits dérivés dont la Société Générale se vantait d’être une championne mondiale et qui l’envoient par le fond. Il y a également la titrisation des créances creuses sur des malheureux que l’on espère solvables à terme parce que leur bien immobilier prendrait de la valeur ! On coupe donc en morceaux des créances qui ne valent rien pour les transformer en produit de placement aux motifs que le risque était grand. Les intérêts peuvent être à la hauteur ! On gonfle ainsi le rendement de l’épargne monétaire en y introduisant un risque que l’on se garde bien d’expliquer aux malheureux acheteurs finaux et l’on fait ainsi circuler une sorte de quasi monnaie qui ne vaut pas une thune ! A la première demande de remboursement, tout le système s’est écroulé, tandis que les épargnants voyaient disparaître leurs économies. Sacré marché !

Les génies qui ont imaginé ce petit jeu de société font claquer leurs bretelles entre leurs pouces du geste fataliste des incompris de la finance. L’humanité ordinaire, décidemment ne comprend rien et les patrons de banque, si souvent donneurs de leçons, cèdent en vitesse leurs établissements à des fonds chinois ou arabes, tandis qu’on inculpe un jeune trader, au hasard Balthazar !

C’est d’ailleurs une sorte de revanche de notre fameux marché. Il était bien normal de vouloir concentrer le prolétariat mondial dans le dernier pays communiste de la planète, c’est pour cela que l’on a transformé la Chine en usine du monde. Le capital conformément aux thèses de Marx a fini par s’y accumuler et, prédateur, il s’empare aujourd’hui des banques faillies d’Amérique, d’Allemagne, de Suisse et bientôt de France.

Après le casino, voici venir la partie de poker. Le rapport Attali, dans ce contexte vient à contretemps et son auteur joue à contre-emploi.

Il en a peut-être un peu disserté avec Tony Blair qui a quitté, comme beaucoup, la politique pour la banque. C’est très tendance ; dès qu’un homme politique prend le large, c’est pour se transformer en banquier ou en avocat pour goûter aux fruits d’une croissance à laquelle – responsable – il n’a pas beaucoup participé ! M. Strauss-Kahn, autre ami d’Attali, ne fait pas exception à la règle. Il est donc bien normal que des esprits aussi éclairés se persuadent que toutes les réformes doivent simplement permettre au marché d’être plus fluide, plus huilé, plus transparent comme ils disent, et que le bonheur ainsi sera dans le pré.

Et si, au contraire, l’ennemi de notre civilisation c’était tout simplement la complexité ?

La complexité des scribes assis qui se ont emparé de la machine d’Etat, comme ils se sont emparé du marché, qui se nourrissent d’obscurité, qui vivent de l’explication des règles obscures qu’ils ont créées, qu’ils ont codifiées, comme s’il s’agissait réellement du contrat social comme ils disent.

Toutes les réformes se sont toujours heurtées à l’épais matelas de leurs certitudes organisées.

A quand donc le retour à la limpidité du siècle des lumières, et tout simplement le retour à la raison ? 

Xavier de Roux

Advertisements
Catégories :Actualite, Economie
  1. lundi, février 11, 2008 à 16 h 29 min

    j’ai mis un lien de mon blog vers le vôtre

  2. jeudi, février 14, 2008 à 15 h 36 min

    j’ai publié un article sur mon blog qui sera très à votre goût, je n’en doute pas.

  3. lundi, février 25, 2008 à 10 h 15 min

    Bonjour Xavier, j’attends votre prochain article, vous avez de la matière, je suis impatiente.
    A un de ces jours sur mon tchat http://blog.ifrance.com/saintes-municipales2008

  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :