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L’impuissance de la démocratie

mercredi, janvier 23, 2008 Laisser un commentaire Go to comments

Après l’échec de près d’un demi-siècle de collectivisme dans un grand nombre de pays, cette forme d’organisation sociale a perdu la bataille parce que l’égalité s’opposait fondamentalement à la liberté. Après la chute du mur de Berlin, un consensus s’est fait pour privilégier la liberté ou encore les libertés de circuler, de commercer, d’échanger, d’investir. Les Anglo-saxons ont appelé ce vaste mouvement, dont ils ont été les initiateurs fervents, la “globalisation”. La liberté est devenue synonyme de marché, et le marché global, forcément mondial comme le souhaite l’Organisation Mondiale du Commerce, présidée d’ailleurs par un socialiste français.
Ce mouvement extrêmement rapide favorise l’émergence des grands pays d’Asie qui deviennent les usines du monde, et des mouvements de capitaux que l’on n’avait jamais connus, le capital ne s’accumulant pas seulement dans les grands pays capitalistes, mais dans les pays émergents et singulièrement en Russie, adossée à la fourniture de l’énergie.
Dès lors les démocraties occidentales assistent béates à ce grand ballet planétaire, où l’on observe une accumulation de richesses, l’émergence d’états nouveaux, mais aussi l’absence de contrôle du marché qui est devenu pourtant la panacée universelle.
Economie de marché et démocratie deviennent synonymes, sauf que la démocratie ne contrôle plus rien et devient l’empire du verbe. La crise des prêts immobiliers américains qui a réussi à évaporer deux mille milliards de dollars de la planète en est un exemple parfait. Certes, les banques centrales sont intervenues pour éviter la catastrophe finale, mais cette intervention n’a été efficace que parce que les fonds du capitalisme asiatique sont venus au secours des banques américaines, allemandes et suisses en première ligne dans cette affaire.
La banque JP Morgan a beau embaucher le travailliste Blair comme conseiller, il n’en reste pas moins que son contrôle risque d’échapper aux Américains, comme d’ailleurs le contrôle d’autres grands bastions du capitalisme mondial.
Et lorsque les fonds souverains russes ou chinois interviennent, est-ce au nom du principe de l’économie de marché occidentale, du libéralisme, synonyme de démocratie, ou est-ce au contraire dans une autre perspective ? Qui est simplement la mainmise par de grands Etats souverains et pas très libéraux, sur les commandes de la puissance mondiale ?
On en reviendrait à la vieille phrase de Lénine, «les capitalistes sont si bêtes qu’ils nous vendront la corde pour les pendre». Ce qu’il fit, d’ailleurs avec une certaine application et beaucoup de succès.
Dans ce contexte, les projets de réforme présentés par Attali, qui fut le gourou du socialisme français sous Mitterrand, sont assez stupéfiants ; pour lui la fameuse croissance nécessiterait encore plus de liberté planétaire et la fin des Etats.
Nous serions sur une planète où de grands Etats utilisent les armes du capitalisme pour assurer leur puissance, tandis que les démocraties occidentales sont pratiquement sommées de disparaître au nom de «l’enrichissez-vous» général et de la croissance à tout va.
Cet extraordinaire paradoxe devrait sauter aux yeux de ceux qui ont les rennes du pouvoir et cherchent désespérément une solution en faisant à leurs électeurs des promesses qu’ils sont bien incapables de tenir.
Après Edgar Morin, Nicolas Sarkozy a raison, il faut une politique de civilisation, c’est-à-dire finalement une simple éthique du vivre ensemble en partageant des valeurs. Ce que l’on attend aujourd’hui des intellectuels occidentaux c’est justement ce travail sur les valeurs que nous devons partager, et ce que nous attendons des peuples occidentaux, c’est qu’ils disent les valeurs qu’ils souhaitent partager, et qui sont nécessaires à leur existence telle qu’ils la conçoivent, et ce que l’on attend des partis politiques, c’est qu’ils transforment ces attentes en propositions concrètes, claires, avec une vision à long terme. La politique alors retrouvera les rivages qui sont depuis toujours les siens, et qu’elle a quittés pour se perdre dans le tintamarre des bazars modernes. Il y a là un vrai enjeu qu’il faut saisir immédiatement.

Xavier de Roux 

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  1. vendredi, janvier 25, 2008 à 9 h 47 min

    Bonjour Monsieur de Roux, j’espère que vous ne m’en voudrez pas, hier soir avant sa parution j’ai mis la Une de l’Echo sur mon blog.
    Je vais bien vite aller l’acheter mais dommage que vous ne m’ayez pas demandez les précisions que vous vouliez…

  2. lundi, janvier 28, 2008 à 12 h 05 min

    Et je vous attend toujours sur le tchat…
    ce lundi soir à 19hoo par exemple pour un échange avec Thomas Matagne, ou quand vous voudrez.
    http://blog.ifrance.com/saintes-municipales2008

  3. jeudi, février 7, 2008 à 7 h 07 min

    venez le
    11 a l’asseblèe du parti radical à saintes hotel ibis avec matagne 20 heures

  4. lundi, février 11, 2008 à 12 h 43 min

    je ferais mon possible pour venir, pour Matagne, il n’est pas en France encore

  5. mercredi, février 13, 2008 à 5 h 46 min

    Certains de vos ennemis politiques qui croient bien me connaître ont un rapport avec la tolérance si différente de la nôtre qu’ils n’admettent pas que j’ai pu même être invitée.
    C’est curieux quand même ce dogmatisme à notre époque.

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