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Etrange politique étrangère

Il aura fait franchement mauvais temps cet été, mais le Parlement a bien travaillé et en quelques semaines les promesses phares du candidat Sarkozy sont devenues réalité, tout au moins dans les textes. L’Etat de grâce a succédé à l’état de grâce et l’opposition socialiste s’empêtre dans la critique systématique de tout, comme jadis nos ancêtres les Gaulois attendaient que le ciel leur tombe sur la tête !

Le Parti socialiste souhaite des malheurs à la France et aux Français parce que Nicolas Sarkozy est au pouvoir. Ils ont de la chance qu’on ne sacrifie plus les oiseaux de mauvais augure, ça aurait éclairci leurs rangs ! Mais si le calme règne sur le front intérieur, c’est en politique étrangère que l’Europe, et pourquoi pas le monde, attendent Nicolas Sarkozy.

Certes, il a réussi presque d’emblée l’affaire du traité simplifié européen qui est un sacré morceau, et il a emporté de vive force la négociation sur les condamnés bulgares avec le Colonel Kadhafi, soufflant la politesse aux Allemands qui ont médiocrement apprécié. Mais les vrais fronts chauds de notre planète c’est évidemment le Moyen-Orient, et de nouveau les Balkans, et c’est aussi l’avenir de la misère en Afrique puisqu’elle conditionne l’immigration et le développement ainsi que la rivalité franco-chinoise sur ces terres d’influence traditionnelles. Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s’est rendu en Irak. C’est une première depuis l’éclatement du conflit, c’est-à-dire depuis l’invasion américaine contre laquelle la France s’était élevée. La France remet donc les pieds dans ce pays qu’elle connaît bien, pour y avoir, après la première guerre mondiale, longtemps exploité les pétroles de Mossoul enlevés par les traités à la Turquie vaincue ! Elle revient dans ce pays qu’elle accompagna et arma dans sa guerre contre l’Iran, aux côtés de Saddam Hussein ; elle retrouve les mêmes problèmes qui se sont simplement aggravés. L’Iran est en passe de devenir une puissance nucléaire, elle aide et assiste la majorité chiite irakienne, tout en se débattant dans ses problèmes intérieurs de société, dont on voit mal la fin, si ce n’est que l’agitation sociale s’y accentue en même temps que la répression. La question kurde est tout entière sortie de la boite de Pandore et la situation afghane n’est guère brillante. Participer à la pacification de cette région est aussi essentiel que difficile tant les intérêts s’entrechoquent et tant est grande la dérive de la politique américaine revue et corrigée par la famille Bush. Aller en Irak est une bonne initiative mais pour y faire quoi ? Avec qui ? Ou contre qui ? Bernard Kouchner a dit qu’il était là pour écouter. C’est sage. Attendons les décisions pour juger !

Les Balkans, à nos portes, semblent plus calmes, et pourtant le feu couve aux portes de l’Europe. L’éclatement de la Yougoslavie, l’aveuglement allemand, les intérêts américains ont rendu la situation finalement incontrôlable. La question du Kosovo et de l’autodétermination de son peuple, risque de créer un nouvel Etat confetti doté de souveraineté et d’existence internationale, bien incapable pourtant d’exister économiquement autrement que par des moyens que la morale réprime ; on le voit bien au Monténégro voisin, et l’exemple de l’indépendance kosovar va relancer celle de la Republika Serbska qui est l’une des composantes de la Bosnie. Il n’y a en effet aucune raison quelconque d’admettre le droit du peuple kosovar à l’indépendance puisqu’il serait actuellement une minorité musulmane dans un Etat orthodoxe, sans admettre parallèlement l’indépendance de la République Serbe de Bosnie qui est une minorité orthodoxe dans un Etat musulman. Ce parallélisme des formes n’a jamais troublé la diplomatie européenne qui semble toujours animée par la question bosniaque comme à la veille de la première guerre mondiale, comme si une Europe germanique n’avait jamais pu accepter une défaite fondée sur la tentative d’annexion de la Bosnie par l’Autriche-Hongrie !

La paix dans les Balkans qui a toujours été un but de la politique française se fera un jour, certainement, par une reconstitution de la fédération des Slaves du Sud. En attendant les plaies ne se referment pas et les menaces répétées sur la Serbie, accusée de tous les maux, ne font que raidir ses positions, justifier l’intervention russe et augmenter la tension dans la région. Les rodomontades du représentant de la Communauté internationale à Sarajevo contre les Serbes de Bosnie et leur président, non seulement défient le bon sens mais relancent la crise.

 Xavier de Roux

Paru dans L’Echo des Arènes n°119 – Septembre 2007

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