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Pêche en eaux troubles en Iran

lundi, décembre 18, 2006 Laisser un commentaire Go to comments

Le Député Xavier de ROUX a récemment été envoyé en mission à Téhéran pour tenter l’obtenir la libération d’un jeune pêcheur, Stéphane Lherbier, qui connaît une drôle de mésaventure.

Il y a déjà 11 mois, ce sympathique garçon qui a monté à Dubaï un centre de pêche sportive, partait avec un client allemand pêcher le barracuda du côté de l’île Moussa dans le Golfe Persique, que les Arabes appellent aussi arabique, et que nous finissons par appeler arabo-persique. Mais lorsqu’on est pêcheur, on ne connaît pas forcément – au jour le jour – les arcanes de la géopolitique.

Or l’île Moussa revendiquée par les Emirats arabes a été occupée de vive force par les troupes iraniennes sous le règne du Shah. C’est une sorte de porte-avion qui contrôle le trafic maritime, lequel est évidemment composé essentiellement de pétroliers apportant leur cargaison d’or noir vers l’Europe.

Mais les eaux de l’île sont poissonneuses et nos deux pêcheurs en étaient à leur deuxième barracuda lorsqu’ils furent arraisonnés sans ménagement par la marine iranienne qui pensait tenir deux espions.

Les interrogatoires furent poussés, yeux bandés, toutes les nuits pendant huit jours, et les questions tournaient autour de l’expérience militaire des deux hommes.

Stéphane Lherbier avait fait son service militaire dans les chasseurs alpins. Les marins iraniens s’intéressèrent beaucoup aux exercices de survie à haute altitude, bien que ce ne soit pas une spécialité très nécessaire dans les déserts d’Arabie. Après un temps certain, les services iraniens décidèrent que décidément ces deux pêcheurs là n’étaient pas des espions.

C’est donc la justice civile qui eut le soin de les juger ; on les transféra au tribunal de Bandar Abbas où ils écopèrent de 18 mois de prison pour être entrés illégalement sur le territoire iranien. La pêche devenait assez coûteuse. On voit mal le tribunal de La Rochelle coller 18 mois de prison au patron d’un chalutier basque surpris à l’île de Ré, mais le pays des mille et une nuits a ses mystères. Le tourisme y est risqué.

Transférés à la prison d’Evin, les services diplomatiques français commencèrent à remuer ciel et terre pour sortir Stéphane Lherbier de ce mauvais pas.

Et l’on s’aperçut vite qu’une condamnation de droit commun pouvait permettre un joyeux marchandage. Puisque l’Etat français s’intéressait à son ressortissant, c’est qu’il valait bien quelque chose. Or dans la région, les objets de valeur ça s’échange !  D’autant qu’une négociation capitale est en cours autour  du droit pour l’Iran de produire de l’énergie nucléaire. Et voilà comment du barracuda on se trouve propulsé vers les hautes préoccupations des Etats. C’est beaucoup mieux qu’un poisson d’avril.

La morale de l’histoire est qu’il faut bien regarder où l’on met les pieds, avant de mettre ses hameçons à l’eau, et surtout qu’il est urgent de ne pas aller faire du tourisme dans des pays où le droit des gens dépend surtout de l’humeur du temps.

                                                                                           Xavier de ROUX

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Catégories :Actualite, L'Echo des Arènes
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