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Mais comment faire pour être heureux ?

Les Français ne supportent plus leur siècle et ils expédient au casse-pipe des majorités parlementaires successivement de gauche et de droite, puisqu’il s’agit de lutter contre les moulins à vent que l’imagination collective découvre au coin de chaque colline. Les Don Quichotte improvisés chargent du dos de leur Rossinante, successivement la mondialisation, l’Europe, le libéralisme, les charges des entreprises, la fiscalité, la complexité administrative, l’insécurité de l’emploi, la difficulté d’entreprendre, le code du travail, trop ou pas assez protecteur, la durée du temps de travail, la grippe aviaire, l’éducation nationale, la politique de santé défaillante, le coût de la Sécurité sociale, les retraites prises trop tôt, les retraites prises trop tard, et d’ailleurs mal rémunérées, la fermeture de la chasse, l’autorisation des O.G.M., la trop grande vitesse des automobiles, le trop grand nombre de radars… Mais la litanie est beaucoup plus longue encore, même si elle est lassante ! les principaux Don Quichotte de notre monde politique, et Dieu sait si ils sont nombreux, ont battu en retraite sans gloire, mais remontent cependant sur leur tracassin pour repartir au combat, comme s’ils ne doutaient de rien !

Et si l’on faisait une pause ? Si l’on regardait le monde comme il est, et le futur comme nous le faisons ? Si au lieu de nous chamailler et d’attiser tous les incendies on posait les cartes sur la table, pour réfléchir tranquillement, pour tuer quelques vieilles lunes et se mettre d’accord sur la voie à suivre.

Il est évident que la France ne peut pas s’enfermer seule au milieu de ses frontières, dresser des murs, et réinventer à l’abri du monde le phalanstère, Fourier, ou le collectivisme à la française. Ce moulin à vent là, on peut l’oublier malgré les cris de Madame Laguiller, de Krivine, du postier Besancenot ou de l’ineffable Bové. Le XXème siècle a fait l’expérience du collectivisme sous quelques formes majeures, et les peuples collectivisés ne sont pas prêts de l’oublier ; les bons baisers de Lénine, Staline, Mao, Pol pot et de quelques plus faibles pointures dont le dernier rejeton est l’inoxydable dictateur cubain Castro, ont laissé sur les visages des prolétaires les signes douloureux de leur voyage au paradis. Personne, normalement constitué, ne souhaite reprendre ce périlleux chemin et Madame Buffet manifeste un certain culot à chercher enfin la réconciliation avec ses ennemis trotskistes, mais il faut bien trouver des alliés, même tardifs !

Si l’on élimine avec bon sens cette gauche là, et si pour des raisons assez parallèles on chasse les nostalgiques du fascisme et des chemises noires, il reste finalement un groupe central républicain qui pourrait, comme en Allemagne, s’entendre pour faire aboutir les réformes qui apparaissent évidentes et nécessaires, mais que chacun veut faire à sa façon, ce qui donne des débats surréalistes puisque pour un temps chacun est dans son jeu de rôle, gouvernant ou gouverné !

Tout le monde est d’accord, Ségolène Royal la première, pour qu’il faille d’abord remettre la France au travail, pour la rendre compétitive et que cesse un chômage endémique ; tout le monde est d’accord, Nicolas Sarkozy le premier pour que la sécurité du pays soit assurée, et l’immigration contrôlée ; tout le monde est d’accord, et Jean-Louis Borloo le premier pour que la formation des jeunes soit la meilleure possible et qu’un logement soit assuré pour tous ; Strauss-Kahn reconnaît le premier que le marché est devenu mondial, et c’est d’ailleurs un socialiste, Pascal Lamy, qui veille à l’organisation mondiale du commerce. Romano Prodi à Rome ne dit pas autre chose, comme d’ailleurs Tony Blair qui est quand même un socialiste anglais !

Oui, il faut ensemble entreprendre, inventer, imaginer les technologies du futur, être les meilleurs dans la recherche, dans les universités, donner à sa vie une passion, ouvrir grand les fenêtres du monde sans avoir peur de son voisin !

Qu’est-ce que ça veut dire la précarité quand par nature nos destins sont précaires, et sont finalement ce que nous savons en faire ?

Mais cela signifie aussi que l’emploi, c’est-à-dire l’activité humaine, cela représente un projet de vie, un projet d’existence et finalement un projet de bonheur que ne peut constituer la simple équation stupide du nombre d’heures de travail fournies en échange d’un salaire.

Le XXIème siècle permettra-t-il alors de franchir ce pas culturel ? Il y va finalement de la cohésion de notre société.


Xavier de Roux

Vous pouvez réagir à cet éditorial en écrivant à l’adresse électronique suivante: contact@xavierderoux.net

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Catégories :L'Echo des Arènes, Politique
  1. samedi, décembre 13, 2008 à 15 h 15 min

    Thanks!,

  2. samedi, décembre 27, 2008 à 14 h 32 min

    Depuis toujours, l’homme est à la recherche du bonheur. Il suffit parfois d’ouvrir les yeux car le bonheur est rarement où on l’attend.

    L’homme est malheureux parce qu’il ne sait pas qu’il est heureux.
    Dostoievski

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