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Un peu d’optimisme, s’il vous plait !

vendredi, juillet 1, 2005 Laisser un commentaire Go to comments

La France est malade du chômage depuis près de 30 ans, depuis le premier choc pétrolier de 1975. Les gouvernements se sont succédés, de gauche et de droite, alternativement, sans que l’on trouve une solution à cette situation qui ronge les finances publiques en même temps que le moral de la Nation.

Pourtant on a tout essayé, le traitement social, le traitement économique, on a ouvert un véritable concours Lépine des meilleures recettes qui fut gagné, haut la main, par la mesure phare de Mme Aubry, qui consiste à réduire obligatoirement la durée du travail pour mieux la répartir entre les actifs potentiels. Cette fameuse idée du philosophe économiste Lorotourou, dont on n’entend plus guère parler, loin de faire baisser le chômage, n’a fait que l’augmenter en pesant sur le coût du travail dans un monde ouvert à la concurrence, et en coûtant des fortunes au contribuable qui compense aux entreprises leur perte de compétitivité, par le budget.

Mais cette mesure malgré son inefficacité absolue a eu pour avantage de valoriser le temps libre, si bien qu’il fut décidé de la sanctuariser. Défense d’y toucher, c’est un avantage acquis !

Les pouvoirs publics ont donc créé au fil du temps un secteur entier de non actifs, totalement encadrés, financés. On en sort généralement de façon précaire pour entrer dans un marché du travail qui fonctionne très mal. En effet, à côté de secteurs de l’économie où les demandes excèdent largement les offres d’emploi, il existe d’autres secteurs que l’on qualifie – quel joli mot – de secteurs « pénuriques » où les offres d’emploi ne sont pas satisfaites. Il s’agit des activités du tourisme comme la restauration ou l’hôtellerie, les métiers de service à la personne, l’industrie du bâtiment et des travaux publics… ainsi que quelques autres. Les spécialistes se perdent en conjectures sur les raisons de ce désintérêt pour ces métiers. Sont-ils trop mal payés, sont-ils peu gratifiants socialement, sont-ils trop pénibles ? Personne n’apporte la même réponse, chacun voit midi à sa porte, et du coup, rien ne bouge.

Mais plutôt que de demander aux spécialistes de trouver des solutions à des problèmes qui ne sont pas techniques, il conviendrait peut-être de réfléchir, simplement à ce qu’est l’emploi : l’emploi c’est l’activité que tout être humain mène ou devrait mener dans la société à laquelle il appartient. Cette activité peut être extrêmement diverse, elle peut être un métier, un travail, ou un art.

Or on confond toujours dans un étonnant raccourci le travail et le salariat. Dans cette perspective le travailleur c’est celui qui vend à un patron sa force de travail, et qui la vend pas cher, si bien que l’antagonisme entre l’employeur et l’employé est de droit, fondant ainsi la lutte des classes !

Cette notion restrictive et antagoniste de l’activité sociale a gâché toute la réflexion politique qui s’est mise à rêver d’un système binaire où il y aurait un parti des employeurs et un parti des employés. Le Parti communiste s’est d’ailleurs proclamé « parti des travailleurs » et Arlette Laguiller incarne le prolétariat !

Or si cette caricature sociale a peut-être été juste quelques temps dans l’histoire récente des grandes cathédrales industrielles, elle ne colle plus du tout avec le monde qui se crée, et que nous créons tous les jours sans nous en rendre compte.

Les activités traditionnelles, agricoles et industrielles restent essentielles mais sont devenues minoritaires en terme d’emploi, par contre l’invention, la création, la recherche restent heureusement un mouvement profond et ample qui conduit à maintenir une activité riche, moderne et porteuse d’avenir.

L’art et les talents ne sont pas taris, et finalement notre vieux pays qui vit une sorte de crise de nerf par perte d’identité continue d’avoir des chances immenses que constatent les observateurs étrangers.

« Mais non, l’Hexagone ne va pas si mal » titrait le New Statesman de Londres, et Mark Leonard écrit : « Si l’on veut savoir quelle est l’industrie lourde qui affronte le mieux la mondialisation, il suffit de comparer Renault et Rover… Il est facile d’oublier à quel point l’économie française a pris une dimension internationale… Elle s’est hissée au quatrième rang mondial. La France attire trois fois plus d’investissements étrangers que le Royaume-Uni et 50% de plus que les Etats-Unis. Elle a engagé des réformes à un rythme accéléré… La vie dans l’Hexagone est fondamentalement attrayante, où mieux que là prendre un train, subir une transplantation cardiaque, aller au restaurant ? La vie culturelle est dynamique et ouverte sur le monde… La population est élevée, la croissance démographique soutenue… » N’en jetez plus !

Mais alors pourquoi cette morosité ? Eh bien tout simplement parce que la classe politique n’a pas encore fait suivre ces changements, et continue imperturbable des querelles d’un autre temps, avec des recettes de grand-mère !

Qu’elle se crispe et qu’elle cesse d’inventer ! La querelle récente sur l’Europe et le libéralisme a été un grand moment d’indigence mentale.

Pendant ce temps-là, 250 000 entreprises se créent chaque année, qu’on aide à leur trouver du crédit, qu’on les laisse travailler en paix, qu’on cesse de corseter l’activité, que l’on fasse confiance aux talents, et l’optimisme reviendra ! Mais il est tellement plus amusant de faire semblant de jouer à la Révolution ! C’est le vrai paradoxe.


Xavier de Roux

Vous pouvez réagir à cet éditorial en écrivant à l’adresse électronique suivante: contact@xavierderoux.net

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