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Le sacre de Sarkozy

mercredi, décembre 1, 2004 Laisser un commentaire Go to comments

Le parti majoritaire, l’UMP, cherchait un second souffle. Elle vient probablement de le trouver. A Bordeaux, elle garde le siège emblématique d’Alain Juppé, au plan national Nicolas Sarkozy a fortement mobilisé les électeurs de son parti, malgré les pannes informatiques, et si la vieille garde R.P.R. a voté Dupont-Aignant, la très grande majorité a donné sa confiance et plus que sa confiance à Nicolas Sarkozy. Il incarne en effet les réformes réclamées et jamais faites, l’inventivité d’une démocratie toute entière dirigée vers la réussite économique, le progrès et la croissance. A-t-il dans sa poche la baguette magique dont Jean-Pierre Raffarin s’est un moment servi ? Son talent est-il plus qu’incantatoire ? Son énergie, vraie ? Et surtout, de quelle liberté et de quelle puissance le dotera la présidence du parti qui a la majorité absolue à l’Assemblée Nationale et qui fut longtemps le parti de Jacques Chirac. La marge de manœuvre est faible tant le peuple français s’est habitué à demander sans complexe à sa classe dirigeante, qu’il vilipende par ailleurs, le tout et le contraire de tout. On est contre les 35 heures, au nom de l’efficacité, mais l’on souhaite travailler moins ; il faut que l’Etat baisse ses dépenses publiques, et mette à la porte des milliers de fonctionnaires, mais il n’est pas question de diminuer les prises en charge de la Sécurité Sociale, ou de ne pas intervenir pour que le noble descendant puisse entrer dans la Fonction publique.

Le Président Chirac a tenté de faire les pieds aux murs pour s’adapter aux contradictions de la société française, c’est-à-dire à ses électeurs, d’où cette impression de deux pas en avant et trois pas en arrière.

Mais faut-il s’adapter à l’électeur, tenter d’en comprendre les contradictions, et faire ainsi une politique à l’image du corps électoral, ou au contraire faut-il trancher dans le vif, oser les réformes qui apparaissent indispensables à la modernisation du pays, à son adaptation intelligente à la mondialisation ? La réponse n’est pas évidente. L’opinion publique sent la nécessité du changement, mais voudrait généralement qu’il s’applique ailleurs.

Le référendum sur les principes constitutionnels européens va en être un exemple éclairant pour ne pas dire bouleversant.

Alors quelle est la marge du président de l’UMP dans cette affaire ? Sa marge est large si elle est volontaire, originale et si elle repose sur une vision pragmatique de la réalité. C’est d’ailleurs une tautologie. Une vision pragmatique de la réalité est évidemment originale. Dire ce que l’on voit est devenu révolutionnaire. Affronter les monopoles de la pensée unique est une idée neuve.

C’est là où Nicolas Sarkozy est attendu ! Comme avant lui Jean-Pierre Raffarin.

Il faut sortir de la tranchée, attaquer en terrain des adversaires embusqués, ouvrir le grand chantier de la construction européenne, poursuivre celui de la solidarité nationale, tout en modernisant nos outils de production, d’échange, de création de richesse économique et donc d’emploi. Organiser la liberté, tout en se faisant traiter de libéral, parce que nous sommes désormais le seul pays où le libéralisme est devenu une injure, les derniers staliniens ayant revêtu les habits neufs de la sociale démocratie, ou ceux plus à la mode encore, façon Jack Lang, des bourgeois bohèmes…

Ce sont là les grands chantiers de Nicolas Sarkozy ! Il ne faut pas avoir peur, mais pour cela il faut croire au dessein que l’on trace, au passage que l’on force.

La vérité éclate très vite. Un espoir est sorti des urnes, brusquement pleines de l’UMP. C’est la seconde et dernière chance de ce parti où pourraient se reconnaître la majorité des Français.

Un homme l’incarne. Tiendra-t-il la distance ? Il faut y placer à la fois l’espérance et l’espoir. S’il échoue dans son entreprise, c’est effectivement et définitivement cette fois que s’installera pour longtemps le socialisme français, sous les traits gris d’un François Hollande, qui n’a même pas le cynisme de son maître, François Mitterrand.

C’est pour cela que nous sommes nombreux à vouloir du neuf et que Sarkozy y a une énorme tâche !


Xavier de Roux

Vous pouvez réagir à cet éditorial en écrivant à l’adresse électronique suivante: contact@xavierderoux.net

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