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Pas deux fois !

M. Hollande, on le sait, a un immense culot ! Il n’y a pas huit jours les socialistes se chamaillaient entre eux comme des diables autour des élections européennes parce qu’ils ne sont d’accord sur rien. Le dogme libéral serait planté au cœur de l’Europe, et il faudrait l’extirper. Mais l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui, ce sont bien les gouvernements socialistes successifs qui l’ont faite ! Et maintenant les mêmes appellent le peuple à sanctionner cette Europe qui serait la source de tous nos maux.
Il y a quand même des limites au culot et des limites, en outre, à l’escroquerie, parce que l’on veut nous faire prendre des vessies pour des lanternes.
Il faudrait donc sanctionner aux élections européennes le gouvernement, un acte II des Régionales en somme, pour faire oublier le résultat, le bilan, de ce que les socialistes français ont décidé à Bruxelles avec leurs amis socialistes européens pendant 20 ans !
Parce que l’ouverture des frontières, l’élargissement à marche forcée de l’Union Européenne vers les pays de l’Est, l’adhésion de la Turquie, la négociation de la mondialisation avec l’Organisation Mondiale du Commerce, c’est quand même le bilan de cet honorable parti et M. Pascal Lamy, qui a désarmé la politique agricole au nom de la liberté du commerce lorsque M. Glavany était ministre de l’agriculture, est quand même tout à fait socialiste, comme l’est l’auguste Jacques Delors, père de la célèbre Martine Aubry, qui pendant des années a organisé et voulu cette Europe là, dont il tenait fermement les commandes.

Alors aujourd’hui, non seulement on repasse le bébé, mais on va chercher Montebourg, Emmanuelli et même la fille Delors pour défiler dans les rues avec des pancartes contre le gouvernement qui doit lui se débrouiller avec le statut d’EDF, de GDF et l’ouverture à la concurrence des lignes SNCF et tutti quanti, décidés par ceux qui crient dans les rues ou sur les bancs du Parlement ! Il n’y a qu’à relire la prose de Michel Rocard – à Strasbourg, plus libéral que lui tu meurs ! – pour se rendre compte de l’énormité de la démarche politique du parti socialiste qui a quand même la majorité au Parlement européen, qu’on se le dise !

Et ces messieurs qui ont décidé tout cela voudraient se faire élire pour soutenir le contraire ! C’est vraiment prendre le peuple français pour un ramassis d’idiots ou de retardés mentaux, et se livrer à une énorme manipulation, que de tenter de lui faire croire que le projet européen serait celui du gouvernement et pas celui mis en œuvre depuis des décennies par le parti de MM. Hollande, Fabius, Strauss-Khan, sous la houlette vigilante de François Mitterrand, de Jacques Delors et de leurs amis.
Si le parti socialiste était courageux, s’il ne cultivait pas la démagogie la plus basse, il aurait le courage de défendre son bilan, c’est-à-dire la politique européenne qu’il a menée sans relâche au Parlement européen, et les décisions qu’il a prises. Là, il serait un parti de gouvernement !

Mais cela fâcherait ses amis communistes, pourtant longtemps complices, et les Verts et Attac, et Bové, et la ligue communiste révolutionnaire, et ça fâcherait même MM. Emmanuelli, Montebourg et Mélanchon qui veulent tourner le dos à cette politique là, et peut-être rejoindre les souverainistes, pourquoi pas ?
Alors, faute de courage politique et de vision d’avenir, mais entêté à vouloir gagner, masqué, les élections, voilà que le P.S. appelle à sanctionner le gouvernement.
Qu’est-ce que ça veut dire, sanctionner le gouvernement ? Le Parti socialiste veut prendre la tête des mécontents, il veut devenir le parti de tous les mécontents, juste pour retourner au pouvoir et recommencer la ritournelle qu’il nous a fait danser si souvent, promettre la lune, mais jeter du sable aux yeux !
Il y a un moment où il faut dire assez, assez à l’hypocrisie, assez à la tartufferie. C’est difficile la vérité politique, et si Saint Louis rendait la justice sous un chêne, la France, malheureusement, a été gouvernée trop souvent par des glands !

Les finances du fameux Etat providence sont au bord de la faillite et il faut rapiécer partout, tant le bateau fait eau de toutes parts. Fallait-il être myope pour ne pas voir que le régime des retraites ne pourrait bientôt financer plus rien et que notre système de Sécurité sociale ne pourrait pas durer bien longtemps dans cet état ? Au lieu de trouver des solutions, de montrer le chemin et de tracer une voie claire vers l’avenir, dans l’union nationale, les bonimenteurs sont revenus sur la place publique où ils ont dressé leurs estrades. C’est triste. La vie politique française mérite mieux que cela. Réveille-toi, Jaurès, ils sont devenus fous !



Xavier de Roux

Vous pouvez m’écrire à l’adresse électronique suivante: contact@xavierderoux.net

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