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Economie et politique

samedi, novembre 1, 2003 Laisser un commentaire Go to comments

L’économie n’est pas vraiment une science exacte, et si c’était une science expérimentale, on commencerait par l’essayer sur les souris !
Alors on fait ce qu’on peut pour piloter le moins mal possible la production et les échanges de biens, de produits et de services qui servent à la vie des hommes. On fabrique des lois pour réguler tous ces échanges, de la monnaie pour les rendre plus aisés et finalement des impôts pour tenter de mieux répartir la richesse en finançant des biens communs qui ne sont pas vraiment dans le commerce.

De bons esprits, surtout au XIXème siècle, ont tenté de théoriser tout cela. Il y a eu d’abord les jeunes libéraux anglais pour soutenir que le marché se régulait lui-même et sans intervention politique. C’était certainement pour embêter la reine Victoria et ses amis. Il y a eu l’imposant Karl Marx pour qui l’accumulation du capital en quelques mains était inéluctable ; il fallait donc sans attendre collectiviser les moyens de production et d’échanges. Les deux écoles eurent beaucoup d’épigones et se chamaillèrent beaucoup. Sauf que Lénine et Staline prirent très au sérieux « Das Kapital », et transformèrent avec l’aide de Mao la moitié de la planète en goulag ; la dictature du prolétariat était devenue la dictature des parvenus du prolétariat ! Mais l’on est toujours le parvenu de quelque chose !
La plaisanterie sanglante s’est achevée en 1990 avec la chute de l’URSS. Dès lors, les plus plumitifs du libéralisme ont trouvé à leur portée tout un espace dogmatique, remplaçant la dialectique du bien et du mal, du rouge et du noir de la période précédente. On a vu bouillonner toutes les plumes des divers artificiers du marché parfait, et nos amis américains en réclament une couche supplémentaire.

Or ce n’est pas de dogmatisme dont nous avons besoin, ce n’est pas d’esprit de système mais de gouvernement. Il est évident que le marché ne gouvernera pas les hommes, mais que les hommes gouverneront le marché qu’ils ont créé et qui fait partie des mécanismes sociaux, et il est évident que le gouvernement des hommes n’a pas pour objet de mettre en place tel ou tel système dogmatique, mais bien de faire régner la paix et la sécurité parmi les citoyens, ce qui est la fraternité dont une société à le plus besoin.
C’est donc dans cette perspective qu’a été créée la démocratie, que l’on peut certes améliorer chaque jour mais qui reste le moins mauvais système pour assurer la liberté et l’égalité des citoyens.
Le Parti Socialiste en tentant de ressusciter le dogmatisme de la lutte gauche droite, tourne le dos à l’élaboration d’une société correspondant aux aspirations contemporaines. Les discours que l’on a entendus à l’Assemblée Nationale, lors du débat budgétaire, étaient d’un passéisme éclatant. Les ténors du P.S. avaient pour référence Zola et Guizot, les luttes ouvrières du XIXème, de vieux accessoires et l’éternelle voie sans issue de l’augmentation de la taxe et de l’impôt au nom d’un système de redistribution obsolète, parce qu’il crée non seulement le corporatisme, mais surtout le corporalisme de redistributeurs peu efficaces.
Le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin est un gouvernement extrêmement courageux ; c’est un gouvernement de rupture et de modernité. Il s’en prend en effet, sur le long terme à une façon de penser et d’agir qui a conduit notre société au blocage. Il essaye de convaincre que l’on peut changer les mécanismes sans bouleverser les équilibres et sans manquer à l’équité. Les fameux « droits acquis » ne sont pas des conquêtes successives de vérités révélées ! Ce sont souvent le résultat hasardeux de rapports de forces momentanés ou de circonstances passagères. Ils peuvent parfaitement être avantageusement remplacés par d’autres façons de faire ou de penser. Il suffit de réfléchir ensemble, de débattre puis de décider, sans que la moindre remise en cause ne conduise au drame, et sans que l’on prête toujours à l’autre des arrières-pensées qu’il n’a pas.

Cela signifie cependant également que l’on désarme les dogmatismes de tous bords et qu’on ne voit pas fleurir à droite des théories économiques qui seraient d’intangibles théories de gouvernement. La lutte des classes, ce serait certainement de remplacer le socialisme par le libéralisme, entendu comme système économique.
Laissons au marché sa place ; la politique c’est autre chose, c’est organiser de façon cohérente la vie des hommes et arbitrer sans cesse entre des intérêts contraires.
Il y a suffisamment de travail de ce côté-là, pour ne pas penser que la loi de la concurrence qui élimine le faible, puisse être une doctrine raisonnable, sauf si on lui emprunte l’abus de position dominante ! Mais c’est une autre histoire.


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Catégories :Economie, Politique
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