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Vive la Santé !

lundi, septembre 1, 2003 Laisser un commentaire Go to comments

La guerre finie, le législateur qui faisait preuve d’imagination et de talent imagina de créer une caisse d’assurance obligatoire qui aurait pour mission de payer à ses assujettis une médecine libérale du meilleur niveau possible. En même temps, cette caisse paierait les frais d’hospitalisation qu’ils soient publics ou privés. Tous les travailleurs et leurs employeurs recevaient donc l’obligation de cotiser en consacrant une partie de leur revenu au financement du système.

Au début la charge obligatoire était faible, et la médecine peu différente de celle qui existait au début du siècle, l’assurance sociale pouvait donc fonctionner selon le vieux principe chinois selon lequel il vaut mieux payer son médecin quand on est en bonne santé plutôt que lorsqu’on est malade.
Mais, la science étant la science, et le destin de l’homme étant de tenter de prolonger le plus longtemps possible son existence et celle de ses semblables, tous les hippocrates de la terre se sont donné la main pour inventer, découvrir, fabriquer des appareils, des résonances magnétiques, et nucléaires, des rayons de toutes sortes, organiser des transplantations, un cœur à droite, un rein à gauche, et des opérations de plus en plus longues et de plus en plus miraculeuses.
On s’est habitué au miracle, au point d’en vouloir au médecin lorsqu’il n’en fait pas, et de rechercher sa responsabilité, de sorte que les assureurs, qui eux n’ont jamais cru au miracle, multiplient les primes d’assurance des médecins par dix ou cessent de les assurer !
Hippocrate ne doit pas simplement la santé, il doit maintenant l’éternité ou presque ! Mourir c’est accidentel, et l’on meurt le plus souvent dans un lit d’hôpital : silence !
L’épouvantable polémique sur les conséquences de la canicule a bien montré que plutôt que de climatiser une chambre de maison de retraite ou de s’occuper de ses parents, il était encore une fois plus simple de chercher un autre responsable que soi-même et de se tourner vers les pouvoirs publics.
Alors comment voulez-vous que s’en sorte notre fameuse Sécurité Sociale ? Le coût de la santé devient astronomique mais la santé est ce que nous avons de plus cher. Combien sommes-nous prêt à lui consacrer ? Personne n’a jamais répondu à cette question. Peut-être toute notre fortune, mais encore faut-il en avoir ! Faute de certitudes, nous vivons avec le trou de la Sécurité Sociale. Il est si ancien et les Français en entendent parler depuis si longtemps qu’ils n’y font plus attention. La Sécurité Sociale, c’est un trou, c’est un gouffre, mais nous vivons très bien au bord du gouffre, un point c’est tout !

Toutefois, il y a les entreprises qui ne peuvent plus payer leurs charges trimestrielles ; les URSSAF qui les mettent en faillite, et leurs employés au chômage. Il y a les entreprises qui ne peuvent plus produire à des coûts compétitifs et qui vont s’installer dans des tas de pays, où la Sécu ne règne pas encore, des pays pauvres, des pays sans imagination, qui fabriquent pour trois fois rien nos chemises et nos godasses, nos vestons et nos télés. A force de vouloir tellement la santé, on se transforme en chômeur, et même en chômeur centenaire.
Alors la Sécu essaye de freiner un peu le mouvement, et le gouvernement s’affole. Il faut réduire les dépenses de santé, entend-on sur tous les toits et de tous côtés.
Au ministère de la santé, du travail et de l’emploi, comme à la présidence de la Caisse Nationale, on montre du doigt les affreux coupables. Devinez qui vous ruine ? Mais les médecins pardi. Ce sont des libéraux qui ne respectent rien ! Ils ne font pas les 35 heures, ils travaillent la nuit, ils courent toujours et n’arrêtent pas de consulter. Y’a qu’à moins les payer, leur tordre un peu le cou, diminuer les tarifs de remboursement, en faire très vite des sortes de salariés de la Sécu. Mais à force de faire pression et paperasse, on décourage les vocations ! Moins de médecins, moins de membres des professions de santé ; des jeunes femmes charmantes qui veulent le week-end, et les soirées avec leurs enfants. Bien normal. Une fois encore la société française s’est fait un joli nœud dans l’organisation à force de nourrir ses contradictions. Tout le monde attend le ministre qui trouvera la solution, exactement comme on attend que le dompteur se fasse bouffer par le lion.

Ce jour-là il y aura du monde dans les rues et des « ya ka » plein les balcons. Mais peut-être, à force, on deviendra tout à fait immortel !


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Catégories :Securite Sociale
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